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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 14:39

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Merci au Groupe Arthur pour l'image.

 

Au commencement est l’éducation. Dès la maternelle, on demande aux enfants d’être « gentils » les uns avec les autres, de demander gentiment au voisin de lui prêter ses jouets plutôt que de les lui prendre, de s’expliquer gentiment et poliment dès qu’il y a un problème.

 

Un enfant poli et à l’écoute des autres, qui préfère le dialogue à la violence et qui a une âme de pacifiste reçoit toujours l’admiration des adultes. On dit souvent de lui qu’il est mûr et intelligent.

 

Cependant, tous les enfants ne sont pas gentils. Quand un bébé de un an essaie de prendre la tétine d’un autre et pleure quand on l’en empêche, il n’y a pas encore de quoi s’inquiéter. Quand un ado de quinze ans vole les rollers de son voisin et crie à l’injustice quand on le lui reproche, il y a un problème quelque part. Des ados qui agissent avec la maturité d’un enfant de quatre ans, il y en a énormément. Ce sont eux qui posent problème.

 

Ne me demandez pas ce qui pousse un enfant à devenir un bully. Je ne le sais pas. Ce que je sais, c’est ce qui se passe dans une cour de récréation, quand un enfant déséquilibré en agresse un autre. À la base, l’agresseur se sent très mal, mais au lieu d’essayer de régler le problème qui se trouve en lui, il pourrit la vie d’une autre personne afin de pouvoir se dire « au moins, untel est plus malheureux que moi. » Quand on le lui fait le reproche, il s’invente de fausses excuses telles que « il est moche », « il m’a provoqué », « je n’y suis pour rien » ou « on m’a tabassé quand j’avais son âge, il faut que je tabasse quelqu’un maintenant. »

 

Les élèves qui assistent à ce genre d'agressions interviennent rarement, pour des raisons qui vont de la peur à la cruauté, en passant par l'ignorance et la stupidité. Il arrive souvent que des spectateurs prennent le parti de l'agresseur ou se 'cachent' derrière lui pour harceler à leur tour, par cruauté ou parce qu'ils recherchent ce qu'ils prennent pour de la sécurité.

 

Les enfants visés sont souvent les plus pacifistes de l’école. L’élève cible ne comprend évidemment pas pourquoi on l’agresse puisqu’il n’a rien fait. Souvent, il essaie d’abord de résoudre le problème en dialoguant, sans forcément comprendre qu’un agresseur de cour d’école est trop stupide pour accepter de dialoguer. Il constate que personne ne l’aide pour des raisons diverses (les élèves spectateurs ont peur de se faire taper dessus ou croient qu’il est facile de se débarrasser d’un bully, on fait courir des rumeurs qui laissent entendre qu’il ne mérite pas qu’on l’aide…) et se sent perdu. Essaie-t-il de frapper son agresseur pour perdre enfin son étiquette de « poltron » ? L’agresseur le frappe encore plus fort ou se met à pleurnicher et rameute un adulte responsable, lequel se laisse berner et punit la vraie cible, sous le regard ravi de l’agresseur.

 

On laisse trop souvent entendre que les élèves agressés sont « peureux, faibles, mous et passifs ». En fait, personne ou presque ne saurait comment réagir dans leur situation. Le harcèlement en entreprise entraîne des suicides chaque année. Il ne faudrait pas s’étonner de ce que le harcèlement scolaire tue et empêche des élèves souvent très brillants de réussir leurs études et d’apporter leur potentiel à la France.

 

Souvent, on dit aux cibles de « se défendre », sans leur expliquer comment on fait pour se défendre. On leur dit aussi souvent de « les ignorer », méthode qui ne fait qu’empirer les choses : un agresseur de cour d’école a justement pour but de mettre sa cible en rage, et si la cible ne réagit pas, l’agression empire. On laisse entendre à la cible qu’il est facile de se sortir de ce genre de situation (ce qui n’est pas le cas, évidemment) et que s’il n’y arrive pas, cela veut dire qu’il ne vaut rien. Perdu, l’enfant peut sombrer dans la dépression.

 

Il faut aussi savoir que les élèves qui demandent de l’aide aux adultes sont souvent méprisés et traités de « fayots » et de « balances » dans les cours de récréation. L’enfant cible ne sait plus comment réagir. Son côté pacifiste, qui jusque là suscitait l’approbation, provoque soudain le mépris de son entourage. Il ne le sait peut-être pas, mais ce n’est pas lui le faible dans l’histoire. Seuls les faibles ressentent le besoin d’agresser.

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Published by Iron Calimero - dans Comment ça se passe
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commentaires

Sanchez 04/01/2017 09:00

Bonjour,
Merci pour votre blog, pouvez-vous ajouter notre association qui intervient en région PACA s'il vous plait?
Association Plus Fort 13008 Marseille : www.plus-fort.fr
- Prévention en milieu scolaire: écoles, collèges, lycées
- suivi individuel de victime et auteurs,
- formation des enseignants et professionnels de l'éducation.
Merci
Cordialement,
Sandrine Sanchez

Iron Calimero 04/01/2017 09:43

C'est fait.

Votre association a l'air formidable. Un grand bravo à vous!

MariaIsabel.... 05/07/2010 20:29


Je suis d'accord avec toi à 100000000000000% !
C'est pas possible qu'on se fasse agresser SANS RAISON !!


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