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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 11:02

 

L'amitié est quelque chose de précieux. Une amitié qui dure, c'est très beau, les enfants entendent ça dès le plus jeune âge. Seulement, il y a quelque chose que même les enfants devraient savoir: quand une amitié ne marche plus, il vaut mieux y mettre fin.

Pourquoi? Parce que les gens évoluent. Une personne compatible avec vous sur le plan amical quand vous êtes enfant ne le sera peut-être plus à l'âge adulte. Les fictions présentent souvent des amitiés totalement idéalisées, qui durent éternellement, mais dans le monde réel ça ne marche pas comme ça.

 

Il y a des situations dans lesquelles il vaut mieux que ça s’arrête. Par exemple :

- Interagir avec cette personne vous stresse et vous épuise. C’est le signal numéro un. Si vous sentez que ça ne marche plus, écoutez votre intuition et arrêtez tout de suite.

- Vous avez l’impression de beaucoup donner et de recevoir beaucoup moins.

- Cette personne ne respecte pas vos limites (par exemple, elle entre dans votre chambre et se sert dans votre placard alors que vous lui avez clairement dit que vous détestez ça).

- Quand vous lui dites qu’iel abuse, iel minimise votre ressenti et vous dit que vous faites beaucoup d’histoires pour pas grand-chose.

- Cette personne vous dit qu’iel vous aime très fort et/ou qu’iel fait tout pour faire marcher votre amitié mais les actes ne suivent pas.

- Iel minimise ce qui est moralement très important pour vous (par exemple en insistant lourdement pour que vous l’accompagniez dans un restaurant où on ne sert que de la viande alors que vous êtes végane).

- Iel vous critique et/ou vous culpabilise.

- Quand ça ne va pas, iel manipule d’autres personnes pour les monter contre vous.

- Après chaque dispute, iel vous dit qu’il n’y aura plus jamais de dispute, que vous êtes un.e pote super et que votre amitié sera éternelle. Et trois jours plus tard, iel amorce une autre dispute.

- Iel manipule vos émotions pour vous culpabiliser et/ou vous faire douter de vous.

- Quand iel vient jouer chez vous, iel joue au « petit ange » pour que vos parents ne se doutent de rien.

- Iel trouve normal de vous dire des choses blessantes ou déplacées et hurle au scandale mondial quand vous en faites autant.

- Toutes les discussions doivent tourner autour de cette personne et ce qui est important pour vous passe au second plan.

 

Quand ça ne va vraiment pas, il vaut mieux arrêter, ne plus se voir, changer de numéro… Évidemment, cette personne ne va pas apprécier d’être mise sur la touche et va probablement essayer de vous culpabiliser ou de vous harceler. Ne cédez surtout pas. Vous pouvez trouver un.e ami.e bien meilleur et de toute façon, il vaut mieux être seul.e que mal accompagné.e.
 

Bon courage.

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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 12:56

 

il y a une phrase que les petites filles et les adolescentes harcelées entendent parfois : « s’il t’embête, c’est parce qu’il est amoureux de toi. »

 

Cette phrase, vous devez la bannir de votre vocabulaire. Ne dites JAMAIS à une fille qu’un garçon la harcèle parce qu’il est amoureux. En fait, ne le dites à personne, ça vaudra mieux. Cette petite phrase peut avoir des conséquences désastreuses :

 

- Elle banalise l’impact des brimades,

- Elle laisse entendre qu’il est flatteur d’être harcelée,

- Elle entretien l’idée reçue selon laquelle les garçons seraient incapables de gérer leurs émotions autrement qu’en agressant,

- Elle présente comme normales les violences dans les couples,

- Elle ne propose aucune solution pour mettre fin au harcèlement.

 

Quel que soit le genre de vos enfants, expliquez-leur bien que quand on est amoureux de quelqu’un, on n’a tout simplement pas envie de brimer cette personne parce qu’on veut son bonheur avant tout. Le harcèlement, quel qu’il soit, ce n’est jamais de l’amour.

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 15:36

L’un des conseils quand on est confronté.e au harcèlement scolaire consiste à aller voir un psychologue, psychothérapeute ou psychanalyste. Ce simple conseil engendre parfois un refus total. Selon certaines personnes, faire une thérapie serait quelque chose d’inutile ou même un aveu de faiblesse.

Que peut-on répondre à quelqu’un qui vous dit que les psychothérapies ne servent à rien ? Voici quelques pistes :

 

-          Les psys, c’est pour les gens qui sont dangereux et/ou profondément malades.

Non, ça c’est un cliché d’Hollywood. Dans le monde réel, n’importe qui peut profiter d’une thérapie à un moment de sa vie. Et tant que j’y suis, j’aimerais casser un autre cliché d’Hollywood : la plupart des personnes qui ont des maladies mentales ne font de mal à personne et risquent même davantage d’être agressées au cours de leur vie que de mettre autrui en danger.

 

-          J’ai déjà vu un psy et iel a eu des propos déplacés/ je me suis senti.e très mal à l’aise.

C’est vrai que ça peut arriver et dans ce cas, il vaut mieux ne pas y retourner. Vous pouvez très bien aller voir quelqu’un d’autre, un.e spécialiste avec qui vous vous entendriez mieux.

 

-          Je suis LGBT et j’ai peur de tomber sur un psy LGBT-phobe, qui me dirait des trucs culpabilisants.

Oui, et ça se comprend. Pour éviter ce genre de situation, vous pouvez toujours tâter le terrain dès la première séance et ne plus revenir si le contact est mauvais, ou vous renseigner d’abord auprès d’associations LGBT pour obtenir des recommandations.

 

-          C’est la faute de l’autre enfant, je ne vois pas pourquoi ce serait le mien qui irait en thérapie.

Pour son bien-être, tout simplement. Si votre enfant est harcelé.e, iel se confiera peut-être plus facilement à une personne spécialisée. Si on vous a dit que votre enfant harcèle, c’est justement un bon moyen de savoir ce qu’il en est réellement et, s’il y a un problème, de l’aider.

 

-          S’allonger sur un divan, c’est trop chelou.

La plupart des thérapeutes d’aujourd’hui vous demandent de vous asseoir sur une chaise, pas sur un divan. En outre, les thérapeutes pour enfants utilisent des approches ludiques (jouets, dessin…), pas des méthodes intimidantes.

 

-          Je n’ai pas besoin de psychothérapie, j’ai déjà le sport/ la musique/ ma religion/ mon conjoint / mon chien.

L’un n’empêche pas l’autre. Vous pouvez à la fois trouver un exutoire en jouant d’un instrument (par exemple) et faire une thérapie. En outre, demander à votre conjoint.e de vous « guérir » de vos démons n’est pas vraiment une bonne idée : une relation romantique, ça peut être très bien mais ce n’est pas un moyen magique d’effacer un traumatisme.

 

-          Après avoir fait une séance, je ne me suis pas senti.e particulièrement mieux. Je ne vois pas l’intérêt de continuer.

Une thérapie peut prendre des mois, parfois des années. On ne se sent pas forcément mieux au bout d’une séance. À vous de savoir si vous avez envie d’aller mieux sur le long terme.

 

Les thérapies, ça coûte cher.

Certaines thérapies coûtent cher, c'est vrai, mais d'autres peuvent être remboursées par la sécurité sociale ou par une mutuelle.

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 11:16


De plus en plus, les écoles installent des « bancs de l’amitié ». Les élèves qui cherchent de nouveaux potes peuvent s’y assoir et faire de nouvelles rencontres.


Je trouve ça très bien. Pour moi, c’est une initiative super. Seulement, je me demande si c’est efficace pour tous les élèves. Je me souviens qu’ado, je n’avais pas « les codes » des ados classiques.


A l'époque, une même situation est revenue assez souvent : on m’a demandé quel genre de musique j’écoutais. Ce qui représentait une question anodine pour les autres devenait un véritable piège pour moi car je n’écoutais pas leur musique. Le rap était le genre à la mode et je ne connaissais aucun rappeur à part MC Solaar. Je n’écoutais pas les radios pour ados et je ne regardais pas les clips. C’était l’une des raisons pour lesquelles j’étais harcelée : pour être acceptée, il fallait connaître par cœur la liste des chanteuses et chanteurs à la mode.


Cette question était un piège à plusieurs niveaux. D’une part, dès que je l’entendais, je me méfiais. Je savais que je risquais d’être harcelée si je répondais sincèrement et ma méfiance se lisait sur mon visage. D’autre part, beaucoup d’ados réagissaient de façon disproportionnée quand j’expliquais que je n’aimais pas cette question. Je me souviens d’une fille qui m’a regardée comme si je l’avais baffée alors que je lui avais simplement dit que je n’avais pas envie de répondre. Inutile de vous dire qu’on n’a pas sympathisé.


Tout ça pour dire aux enfants et aux ados qui lisent cette page que vos codes ne sont pas universels. Inutile de demander en boucle à la petite nouvelle quel est « son type de mec ». Peut-être qu’elle n’a pas envie d’en parler, peut-être qu’elle n’est pas branchée mecs. Inutile de demander au garçon qui vient d’arriver quel est son jeu vidéo préféré. Peut-être qu’il n’a pas envie d’en parler, peut-être qu’il n’a pas les moyens de se payer une console. Personne n’est obligé.e de répondre à vos questions.


Voici des phrases qui peuvent vous aider si la situation devient gênante :


- De quoi aimerais-tu qu’on parle ?
- C’est pas grave, on n’a qu’à parler d’autre chose.
- J’ai l’impression que je te dérange. Tu préfères que j’arrête de parler ?


Enfin, si la personne regarde ailleurs quand vous lui parlez, lit ou a mis ses écouteurs, ça veut dire qu’elle n’a PAS ENVIE de parler avec vous. Pensez à respecter son intimité.



Pour en revenir aux bancs de l’amitié, je pense que ce serait sympa d’ajouter à ces bancs une liste de sujets de conversation possibles. Les enseignant.e.s pourraient proposer aux élèves de choisir les sujets. Il pourrait y avoir des idées très intéressantes.
Bonne journée !
 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 15:36

Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de la nouvelle création de Marion Siéfert, artiste associée au théâtre de La Commune; à Aubervilliers.

_jeanne_dark_ est le pseudo Instagram d’une jeune femme de 16 ans, qui sort du silence sur les réseaux sociaux pour dénoncer le harcèlement qu’elle subit quotidiennement au lycée. Issue d’une famille stricte et religieuse de la banlieue pavillonnaire d’Orléans, elle est, depuis des mois, victime des railleries de ses camarades sur sa virginité. Un soir, alors qu’elle est seule dans sa chambre, elle décide de ne plus se taire et prend la parole en live sur Instagram. Face au miroir que lui tend le smartphone, Jeanne se raconte, oscillant entre mise à nu et mise en scène de soi.


Cette performance sera accessible tous les soirs en live sur Instagram @_jeanne_dark_ dès le 2 octobre 2020, ou sur place.

ps: spectacle adapté pour les personnes de 14 ans et plus.

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 18:34



Je milite contre le harcèlement scolaire depuis de longues années. Le militantisme m'a permis de rencontrer énormément de personnes formidables. En effet, la plupart des militant.e.s sont des personnes altruistes, sympathiques et désintéressées.

Malheureusement, comme on le dit familièrement, "partout où on va, il y a 10% de cons". Il existe une minorité de militant.e.s antipathiques, j'en ai rencontré quelques-un.e.s. Voici quelques conseils pour ne pas tomber dans leurs pièges.

Tout d'abord, voici comment on les reconnait. Iels ne rassemblent pas forcément tous ces critères mais un seul devrait vous mettre la puce à l’oreille :



- Interagir avec ces personnes vous épuise et vous stresse. C'est le critère le plus important. Si vous vous sentez mal à l'aise avec une personne, c'est qu'il y a un problème. Ecoutez votre intuition.

- Ces personnes jugent et/ou critiquent beaucoup les autres, ne supportent pas d’être jugées et/ou critiquées et ne pratiquent pas l’autocritique.

- Certain.e.s se considèrent comme très sensibles (pas forcément à tort) et réagissent de façon très violente quand quelqu’un les heurte. En revanche, iels n’ont absolument aucun scrupule à heurter la sensibilité d’autrui et prennent tout personnellement.

- Pour elleux, c’est toujours la faute des autres. Iels s’imaginent que sous prétexte qu’iels ont de bonnes intentions dans un certain domaine, tout leur est permis.

- Iels voient le monde en noir et blanc. Pour ces personnes, il y a les "gentils" (les gens qui sont de leur côté) et les "méchants" (tous les autres).

- Il leur est difficile de se mettre à la place d’autrui, même si iels s’imaginent le contraire. Iels écoutent à peine ou pas du tout  les opinions différentes des leurs et les dénigrent systématiquement. Iels peuvent manquer de politesse sans même s’en rendre compte.

- Il y a souvent un côté manipulateur chez ces personnes. Iels vous flattent, vous disent que vous êtes formidables et qu’iels ont besoin de vous, et vous culpabilisent quand vous faites quelque chose qu’iels n’aiment pas.

- Iels la ramènent régulièrement en disant qu'iels sont exceptionnel.le.s, extraordinaires, trop géniaux, sous prétexte qu'iels militent pour une juste cause. La modestie, ce n'est pas leur truc. Souvent, leurs compliments sont intéressés : iels attendent quelque chose en retour.


Si vous avez une de ces personnes dans votre entourage, n’essayez pas de la changer. Vous n’y arriverez pas seul.e et ça vous épuiserait complètement. Protégez-vous.

Si vous êtes proche de cette personne, par exemple si vous travaillez dans la même association, demandez de l’aide. Par exemple, vous pouvez dire à un.e ami.e commun.e : "tu sais, je trouve que Truc a eu un comportement abusif ces derniers temps. Je n'aime pas la façon dont iel parle de ceci-cela". Vous ne serez plus seul.e avec le problème.

Si c'est possible, fuyez cette personne. Effacez-la de vos contacts sur internet et évitez-la dans le monde réel. Il n'y a aucun mal à virer les personnes toxiques de sa vie.
 

Oh, et je le rappelle, tou.te.s les militant.e.s ne sont pas toxiques. Il y a énormément de gens très bien parmi elleux. Gardez foi en l’humanité. :)
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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 09:22

 

Pour en savoir plus, contactez Thomas Cohen sur twitter.

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 13:55

 

Justine, Mathilde et Clémence ont décidé de s'incrire au Raid des Alizés 2018, au profit de l'association ACVS 49, qui lutte contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement.

 

Pour mener à bien ce beau projet, elles ont besoin de vos coups de pouce. Cliquez ici pour en savoir plus.

 

 

 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 15:35

 

 

Dans un moment d’égarement, j’ai accepté de parler de harcèlement scolaire dans un lycée. Je me prépare des semaines à l’avance : tous les soirs, je m’entraine avec un texte. Le problème, c’est que mon texte réveille de mauvais souvenirs. Déjà que je suis hypersensible, faudrait pas que je me mette à pleurer devant tout le monde…

 

Le jour J arrive. Pour arriver à l’heure, je me lève à 4h30 du matin. Mon chat s’étonne : il ne fait pas encore jour. Je prends le métro et je m’efforce de lire en attendant, encore ensommeillée et inquiète d’avance.

 

Il est presque 7h30 et je cherche le lycée. Mais où est-il ? Un lycée, ça ne disparait pas facilement ! Enfin, je le trouve et je rencontre Tiphaine, la CPE, ainsi que d’autres intervenants. Après un café et quelques explications, je me trouve face à une classe de seconde, prête à défaillir.

 

Je me lance. J’explique le principe du harcèlement, après quoi je raconte ce qui m’est arrivé au collège. J’avais prévu une blague à un moment mais personne ne rigole. Plus tard, je comprendrai qu’ils étaient trop horrifiés par mon récit pour rire.

 

Ensuite, ils posent des questions. Pendant la première heure, Tiphaine m’aide. Pendant la deuxième, je partage la scène avec l’association « Eveil et sens » . Il s’ensuit une récréation, puis encore deux heures.

 

Les enseignants sont formidables d’un bout à l’autre mais ce qui m’a le plus marquée, ce sont les réactions des élèves. Il y en a un ou deux qui ont dormi. Une bande de filles a évoqué une copine harcelée qu’elles avaient essayé d’aider. Ce qui m’a le plus touchée, c’est que certain.e.s élèves sont passés me voir après l’intervention pour dire : « je suis désolée pour votre histoire » ou « merci d’être venue. » Je crois que j’ai retrouvé foi en l’humanité.

 

D’autres associations sont venues dans l’après-midi. J’aurais peut-être dû rester, ç’aurait été sympa de les rencontrer. Mais je me suis dépêchée de rentrer chez moi. j’avais besoin de m’isoler.

 

Bonne journée à tout le monde.

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 09:03

 

Lag Spirit MC est avant tout un club de moto super sympa. Mais ces personnes formidables mènent aussi des actions dans le domaine de la lutte contre le harcèlement Scolaire.

Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

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