Ce blog est consacré à la lutte contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire. Tous ensemble, nous pouvons faire une différence.
J’ai trouvé un très beau texte, à cette adresse. En voici la traduction :
Les bullies se donnent toujours des raisons qu’ils considèrent comme valables pour harceler et maltraiter leurs cibles. C’est toujours de la faute des autres. Les petites brutes pensent que leurs excuses et justifications devraient les dispenser de faire face aux conséquences de leur comportement.
Ils sont profondément narcissiques et se bercent d’illusions.
Qu’est-ce qui ne va pas dans ces histoires ?
* Walter bousculait les jeunes enfants à l’école. Il les attaquait dans les couloirs, dans la cour, dans la cafeteria et dans les toilettes. Walter prétextait que les autres enfants n’étaient pas assez gentils avec lui et que de toute façon, ils exagéraient la douleur qu’il leur causait. Le directeur savait que Walter n’était pas sympathique et que son père le maltraitait mais qu’il ne pouvait pas porter plainte pour ce genre de maltraitances. La stratégie anti-harcèlement du directeur consistait à demander aux autres enfants de se montrer plus compréhensifs envers Walter, d’être plus gentils avec lui et d’attendre qu’il soit sorti de ses problèmes.
* Sonja était connue comme la fille la plus vicieuse de l’école. Quelques filles, qui admiraient son apparente assurance ou avaient peur d’elle, obéissaient à ses ordres. Elles l’aidaient à faire des remarques sarcastiques à propos des autres filles, les bousculaient, les harcelaient et se moquaient de toutes les particularités physiques ou mentales qu’elles appelaient des « défauts ». Sonja prétendait que les autres filles avaient commencé en se montrant méchantes avec elle et qu’elles méritaient ce qui leur arrivait. De toute façon, elle ne faisait que s’amuser un peu. Le directeur savait qu’en fait, Sonja manquait terriblement de confiance en elle et que ses parents la critiquaient continuellement. Rien de ce qu’elle faisait n’était jamais assez bon pour eux. La méthode anti-harcèlement du directeur consistait à encourager les cibles de Sonja à se montrer plus compréhensives avec elle, à essayer de gagner son affection et son amitié et à attendre qu’elle apprenne à être gentille, en dépit des exemples désastreux que lui montraient ses parents.
Dans les deux cas, ces directeurs avaient accepté les excuses que Walter et Sonja avaient données. Ils avaient également accepté les explications psychologiques et socialement acceptables du comportement de ces enfants comme des excuses et des justifications afin que rien ne leur retombe sur le nez. Ils souffaient déjà assez comme ça chez eux.
Dans les deux cas, les directeurs avaient changé leurs cibles en victimes.
Il n’y eut pas de conséquences pour Walter et Sonja : pas d’heures de colles, pas de renvois. Comme rien ne leur arrivait, ils n’avaient aucune raison de changer. En fait, comme ils avaient le droit de continuer à harceler, ils étaient en position de force à l’école.
En plus de ne rien faire pour protéger les élèves, les directeurs n’essayèrent pas une seule fois d’inciter les élèves à se regrouper pour lutter contre le harcèlement. Quand les gens ne peuvent pas amener les autorités responsables pour les protéger, ils n’ont plus le choix qu’entre des possibilités très simples : se soumettre aux petites brutes ou former des groupes d’autodéfense pour assurer eux-mêmes la justice. Evidemment, ces directeurs les punissent, même s’ils n’ont jamais rien fait à Walter et Sonja.
Le message qu’on peut tirer de ces histoires est que même si on peut avoir de la sympathie et de la compréhension pour les excuses, justifications et problèmes des brimeurs, il nous faut quand même faire en sorte qu’ils cessent de harceler.
Evidemment, pour expliquer mon point de vue, j’ai simplifié les cas présentés. Mais le problème est simple. Les complications et difficultés signifient simplement qu’il nous faut simplement nous montrer plus déterminés et plus astucieux pour mettre en place un plan efficace. Mais ces complexités ne changent pas la direction qu’on doit prendre. Elles peuvent vouloir dire qu’en tant que parent, on peut devoir faire pression et faire parler des directeurs qui ne font rien contre le harcèlement.