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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 11:42

Je vais parler d'un sujet tabou et qui peut réveiller de très mauvais souvenirs. Je tiens à prévenir les lecteurs et surtout les lectrices.

Tous les jours, il y a des élèves qui sont agressées sexuellement à l'école, au collège et au lycée. Je dis agressEES car les cibles sont principalement des filles et des personnes considérées comme telles. Les agressions peuvent prendre des formes diverses:

- Attouchements
- Menaces, insultes et commentaires à caractère sexuel
- Slut-shaming et prude-shaming
- Rumeurs
- Revenge porn
- Cyber-harcèlement
- Viol

La liste n'est pas exhaustive. Ces situations peuvent se produire dans tous les types d'écoles et dans tous les milieux sociaux et d'après mon expérience, ce type de harcèlement est rarement pris au sérieux. On a même tendance à blâmer les victimes et à les accuser d'être 'provocatrices' Paradoxalement, on demande à la fois aux adolescentes de ne pas s'habiller de façon "aguicheuse" pour ne pas attirer les garçons, et on leur demande aussi ne ne pas s'habiller de façon "prude" pour ne pas les repousser. On ne sait plus quelle tenue choisir!

Côté garçons, c'est le silence radio. Que ce soit à la télé, au cinéma, dans les livres ou dans le monde réel, je n'ai jamais vu un père expliquer à son fils qu'il ne faut JAMAIS toucher une fille sans son consentement. Pourtant, leur rôle est primordial. Si chaque père expliquait sérieusement le consentement à son fils, ça ferait déjà un pas de plus dans la lutte contre la culture du viol.

En revanche, j'ai vu beaucoup de gens qui blâmaient des filles pour avoir réagi à un attouchement par une gifle. Croyez-moi, je suis non-violente mais il existe quelque chose qui s'appelle la légitime défense. Et à l'inverse, il est absurde et cruel de reprocher à une fille de ne pas avoir réagi lors d'une agression. La sidération, ça existe.

Selon certaines personnes, on ne pourrait pas empêcher les agressions sexuelles car les garçons cis seraient complètement dominés par leurs hormones et incapables de se contrôler dès qu'ils voient un peu de peau. Evidemment, c'est absurde. Il existe des cultures dans le monde où les hommes sont éduqués au respect dès le plus jeune âge et dans ces cultures, les viols et les agressions sexuelles sont quasiment inexistantes.

Depuis le mouvement #BalanceTonPorc, le harcèlement sexuel est déjà un peu moins tabou mais j'ai l'impression que le harcèlement sexuel scolaire fait nettement moins parler de lui. Certaines personnes pensent qu'il suffirait de supprimer les smartphones pour l'éradiquer. Personnelement, je n'y crois pas. J'ai été agressée sexuellement au collège avant l'invention des smartphones et je ne suis pas la seule. Ce qu'il faut, c'est éduquer.

A toutes les personnes qui ont été agressées sexuellement, ne perdez pas espoir. Vous valez beaucoup mieux que ça.

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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 16:06

Il n’y a pas très longtemps, une twitteuse a mis en ligne des lettres apparemment reçues par sa nièce. Les lettres, d’une violence indescriptible, lui conseillaient de se suicider et comprenaient des menaces de violences physiques. La nièce a reçu des milliers de messages de soutien.

Seulement, coup de théâtre, on vient d’apprendre que ces lettres ont été inventées par la nièce, qui voulait apparemment qu’on s’intéresse à elle. Sur les réseaux sociaux, j’ai croisé des gens qui s’indignaient et qualifiaient le comportement de la nièce de « dégueulasse ».

Ce que j’en pense ? Il faut qu’on attende un peu avant de penser à blâmer la nièce. On ne sait pas pourquoi elle a fait ça.

Peut-être qu’elle est harcelée dans un autre cadre que celui de l’école et qu’elle voulait attirer l’attention pour qu’on fasse quelque chose pour elle.

Peut-être que sa meilleure amie est elle-même harcelée et lui a fait promettre de ne rien dire. Peut-être qu’elle a fabriqué ces lettres pour attirer l’attention sur le problème du harcèlement à l’école et faire venir une association dans son collège.

Peut-être qu’il y a une autre raison, encore plus valable.

On ne saura peut-être jamais ce qui a motivé le geste de cette jeune fille. D'ailleurs, ça ne nous regarde pas. J’imagine que sa famille voudra probablement garder le reste de cette affaire privée. Seulement, j’aimerais qu’on évite de se montrer dur.e.s envers cette jeune fille qui en a peut-être bavé ailleurs qu’à l’école. On ne sait pas ce qui s’est passé et le monde n’est pas en noir et blanc.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 09:14

Cette pétition a pour but de renforcer la qualité de vie dans l'enseignement, et ainsi, de lutter contre le harcèlement à l'école.

Pour signer ou simplement pour en savoir plus, cliquez ici.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 10:18

 

 

Marie-José Gava est la directrice de la Place de la Médiation.  Je vous ai déjà parlé de son livre. Ce livre comprend un petit test permettant de savoir si un-e enfant est harcelé-e ou non à l'école. On peut le passer en ligne ici.

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:13

Je vous ai déjà parlé de Marion, cette adolescente qui est morte à 13 ans à cause du harcèlement scolaire.

J'apprends à l'instant ce qui est écrit dans le titre (voici une source et une autre source). Dans un jugement datant du 26 janvier, le tribunal administratif de Versailles estime que les défaillances dans l'organisation du collège Jean-Monnet de Briis-sous-Forges et les réactions inadaptées de son personnel avaient en partie contribué à la mort de Marion.

Nora, la maman de Marion, a parlé sur facebook d'une première grande victoire. Je souhaite très fort que cette victoire soit suivie de centaines et de milliers d'autres victoires.

Ayons une pensée pour la famille de Marion, ainsi que pour toutes les personnes concernées. Bonne journée à tous.

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 17:33

http://cleoprod.com/wp-content/uploads/2013/05/logocleodef2.png

 

Aujourd’hui, c’était l’avant-première des films d’Amandine Stelletta sur le harcèlement à l’école. Ne reculant devant rien et parce que j’avais moi-même versé quelques euros pour permettre à ces films d’être produits, je me suis précipitée dans le RER pour assister à la projection.

 

J’arrive en retard à cause d’un incident dans le bus. Je me heurte à des molosses à l’entrée de l’école et après des explications, ils m’indiquent gentiment la bonne porte. J’arrive dégoulinante de sueur (il faisait une chaleur monstre) et je m’explique auprès de Sarah : une fillette de deux ans s’est coincé le pied dans la porte du bus, ça m’a retardée. Elle compatit et me propose une boisson en m’expliquant qu’on va commencer en retard de toute façon. Ensuite, c’est Amandine qui me salue et me dit qu’elle espère que je vais aimer les films. Je la remercie et étant phobique sociale depuis mon adolescence, je me tiens à l’écart.

 

Enfin, on nous fait entrer dans la salle : 120 sièges pour une vingtaine de personnes. On s’installe et après un mot de bienvenue d’Amandine, Sarah et Thibault, la projection commence. Le premier film décrit la solitude d’un enfant qui doit subir un harcèlement silencieux. Le deuxième montre un père désemparé en apprenant que sa fille de 13 ans est brimée via Internet et le troisième parle d’un homme qui, 20 ans après les brimades, est encore traumatisé. Vite, un mouchoir : j’ai tous mes mauvais souvenirs qui remontent…

 

Les lumières se rallument et tout le monde applaudit. Je sors mon carnet et les principaux intéressés prennent la parole : Amandine évidemment, Eric Debarbieux et Jacky Pamart. Après plusieurs explications sur la nécessité de la prévention, on applaudit encore, on se lève et on va reprendre un verre. Une femme charmante me demande mon avis sur les court-métrages. C’est la maman d’Amandine. Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les mères, y compris à la mienne, à ce qu’elles ressentent quand elles apprennent que leur enfant est harcelé…. J’arrive pas à l’imaginer.

 

Etant (toujours) phobique sociale, je pars la première tandis que la plupart des gens resteront pour la deuxième projection. Bon weekend à tous.

 

Au final, je recommande ces court-métrages. Je mettrai à jour cet article si j’ai du nouveau à leur sujet.

 

 

Ps : si vous voulez lire le même article avec des gifs mignons (traduisez : si vous avez du temps à perdre), c’est ici.

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:07

http://cdn.morguefile.com/imageData/public/files/j/jade/preview/fldr_2009_08_02/file9181249263243.jpgUne importante étude, réalisée au début des années 60 par des scientifiques, nous donne un aperçu de cette perte de l’instinct d’autoprotection chez les femmes. Ils effectuèrent des expériences sur les animaux afin d’étudier « l’instinct de fuite » chez l’être humain. Dans l’une d’elles, ils grillagèrent la moitié droite du fond d’une grande cage, de sorte qu’un chien placé dans cette cage recevait une décharge électrique chaque fois qu’il marchait sur ce côté. Le chien apprit rapidement à se tenir du côté gauche de la cage.


On grillagea ensuite la partie gauche du fond, en laissant la partie droite sans décharges électriques. Le chien se réorienta rapidement et apprit à se tenir du côté droit. On grillagea alors la totalité du fond de la cage, de sorte que les décharges étaient susceptibles de survenir n’importe où, quelle que soit la position occupée par le chien. Celui-ci, désorienté au début, paniqua bientôt, puis finit par « laisser tomber ». Il ne tenta plus d’échapper aux décharges et resta allongé, les subissant quand elles se produisaient.


Ce n’était pas terminé. On ouvrit la cage. Les scientifiques s’attendaient à ce que le chien s’échappe. Ce ne fut pas le cas. Bien qu’il eut la possibilité de sortir à tout moment, le chien continuait à rester allongé et à recevoir des décharges électriques au hasard. Les scientifiques en déduisirent qu’un animal exposé à la violence va tenter de s’adapter au problème, de sorte que, lorsque la violence va cesser ou qu’il pourra retrouver sa liberté, son instinct de fuite s’en trouvera considérablement diminué et il restera là.


Extrait de « Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estés, format livre de poche, page 337.

 

 

Je suppose que tous ceux d’entre vous qui aiment les animaux ont eu de la peine pour le chien en lisant ce passage. Il s’agit en effet d’une expérience cruelle mais en même temps, je la trouve éclairante car j’ai été dans la même situation que ce chien (et je suppose que si vous lisez ce blog, c’est aussi votre cas ou celui d’un de vos proches). Quand on est exposé à des actes de violence pendant trop longtemps, on finit par perdre tout ou partie de son « instinct de survie ».

 

Le même phénomène se produit avec la violence conjugale : souvent, des femmes battues par leur compagnon ne se révoltent que quand le compagnon s’en prend à leurs enfants. Les personnes harcelées sur leur lieu de travail ou qui doivent subir des brimades à caractère sexuel ou homophobe peuvent devenir plus ou moins catatoniques, même si elles souffrent toujours autant. Quand on vit dans une culture où les survivantes de viol ne sont pas prises au sérieux, une femme violée hésite à porter plainte car elle sait qu’on lui reprochera d’avoir « provoqué l’agression ». Quand un comportement violent est « normalisé » et quand on prive la cible de toute porte de sortie, celle-ci finit par perdre son instinct de survie.

 

Alors, que faire ? Personnellement, je crois que les plus grands combats se déroulent à l’intérieur de nous-mêmes. Les gens qui sont ou ont été harcelés ont en eux un chien traumatisé mais ils doivent à tout prix rassurer ce chien et lui faire comprendre qu’il existe réellement une porte de sortie et qu’il doit s’enfuir et se soustraire aux décharges électriques. On peut tous guérir notre chien intérieur !

 

Enfin, je crois que les proches des survivants ont un rôle important à jouer. Il est toujours facile de dire : « t’avais qu’à demander à changer d’école » ou « mais pourquoi tu t’es pas défendu-e ? » mais les choses s’avèrent bien différentes quand on doit soi-même subir des brimades. Mieux vaut déculpabiliser l’autre. On peut dire beaucoup de choses pour remonter le moral des survivants du harcèlement mais je crois que la chose la plus importante à dire, c’est : « ce n’était pas de ta faute ». Vous ne reprocheriez jamais à un chien d’avoir été agressé, alors pourquoi feriez-vous cela avec un être humain ?

 

Guérir, ça peut prendre du temps, mais on peut tous y arriver. Donnons-nous en la peine.

 

 

Ps : j’ai trouvé l’image ici. Merci, morguefile.com

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 12:49

Vous venez de vous faire un-e nouvel-le ami-e ou partenaire amoureux. Tout va bien, vous passez des moments fantastiques ensemble.

 

Et voilà que soudain, votre ami-e vous annonce qu'il/elle a été traumatisé-e par des brimades à l'école. Comment réagir?

 

Vous pouvez très bien vous sentir gêné-e, avoir envie de fuir ou de détourner la conversation. C'est humain. Il est normal de ne pas savoir quoi dire dans ces moments-là et il ne faut pas culpabiliser. Seulement, il faut savoir aussi qu'énormément de survivants ont été fragilisés par ces brimades. Si vous réagissez mal, cela risque de les blesser encore plus.

 

 

Alors, comment réagir?

 

S'il y a eu un mauvais départ, vous pouvez leur expliquer votre propre ressenti. Vous pouvez dire, par exemple: 

"Excuse-moi d'être parti-e aussi vite. Quand tu m'as parlé de ce qui t'es arrivé au lycée, ça m'a mis-e tellement mal à l'aise que j'ai fait n'importe quoi."

 

Si la personne veut vous parler en détail de ce qui lui est arrivé, vous avez le choix entre dire "oui" et "non". 

Par exemple:

 

"Bien sûr, tu peux m'en parler".

 

Ou:

 

"Ecoute, je suis désolé-e. Je sais que ça a dû être pénible mais je ne sens pas capable de t'écouter. Je suis vraiment mauvais-e pour ce genre de choses." (éventuellement, ajouter: "peut-être que j'y arriverai un jour" ou "je te conseille d'en parler à Untel, il/elle est doué-e pour ça")

 

Votre amitié/amour ne résistera peut-être pas à la deuxième réponse mais au moins, vous aurez été honnête. Tout le monde n'est pas capable de gérer les traumatismes d'autrui.

 

 

Comment écouter?

 

Si votre ami-e vous décrit les brimades et son ressenti, efforcez-vous de l'écouter sans trop le/la juger. Evitez de le/la culpabiliser encore plus et si possible, essayez de le/la valoriser.

 

Ne dites surtout pas:

 

- C'était pas un peu bête de venir au collège en jupe?

- T'aurais dû faire ceci au lieu de faire cela.

- Mais pourquoi t'as pas demandé à changer d'école?

- Oh, tu sais, c'est pas grave. Moi, mon père me traitait d'idiot-e tous les soirs.

- J'ai vu un reportage sur les gosses qui sont dans des réseaux de pédophilie. Toi, t'as de la chance quand on te compare à eux.

- On t'a seulement insulté? C'est pas grave, ils auraient pu te frapper!

 

Dites plutôt:

 

- Mon/ma pauvre, ça a dû être pénible!

- Je te félicite d'avoir photographié les bleus pour avoir une preuve. C'était bien pensé!

- Non, c'était pas ta faute.

- Tu sais, à ta place, personne n'aurait sû comment réagir. Tu t'es senti-e perdu-e, c'est normal.

- Mais non, t'es pas nul-le. T'es mon pote et je t'apprécie!

 

A l'inverse, si votre ami-e n'a pas envie de vous parler de ce qui lui est arrivé, n'insistez pas. On n'a pas forcément envie de se confier, même à quelqu'un de proche.

 

Attention: vous devez garder à l'esprit que vous êtes un-e ami-e ou un-e amoureux/se, pas un-e thérapeute. Ne mélangez pas les deux. Si votre ami a besoin d'une thérapie, conseillez-lui simplement d'aller voir un-e spécialiste. Vous risquez de vous/lui faire très mal si vous vous prenez pour son psy.

 

 

Cas particulier: malaise sous les draps

 

Après avoir subi un harcèlement de type sexuel, certaines personnes peuvent avoir des problèmes à ce niveau.

 

Si vous aimez le sexe et que vous êtes en couple avec une personne que le harcèlement a justement dégoûtée du sexe, je n'ai pas de solution miracle. Essayez simplement de dialoguer, de prendre votre temps, de trouver quelque chose qui vous convienne à tou-te-s les deux et évitez autant que possible de culpabiliser votre partenaire. Relativisez: l'immense majorité des couples connait des problèmes ou des mésententes au lit à un moment ou à un autre, c'est humain. Oh, et je recommande toutes les vidéos de cette chaîne (beaucoup sont sous-titrées en français).

 

 

Les survivants toxiques

 

Beaucoup de survivants du harcèlement sont des gens charmants, j'en ai rencontrés. Malheureusement, certains d'entre eux peuvent mal tourner et devenir narcissiques, passifs-agressifs ou hystériques (par exemple). J'en ai aussi rencontrés et à une époque, j'ai moi-même fait des choses dont j'ai plutôt honte aujourd'hui.

 

Si vous avez un-e ami-e ou partenaire toxique (appelons-le/la Pétunia), vous ne vous en rendrez probablement pas compte tout de suite. Il/elle peut très bien commencer par avoir un comportement gentil et correct pour montrer son vrai visage bien plus tard. Voici quelques indices d'un comportement toxique:

 

- Il/elle vous dénigre,

- si vous protestez, il/elle dit que vous faites des histoires pour pas grand-chose,

- il/elle tient des propos méprisants envers tel ou tel groupe,

- il/elle essaie de vous isoler,

- il/elle se vante de valoir cent fois mieux que les autres...

- ou à l'inverse, se rabaisse continuellement dans le but de recevoir des compliments,

- il/elle vous reproche de ne pas le/la rendre heureux/se,

- si vous essayez de lui raconter vos problèmes, il/elle n'écoute pas et vous ignore ou répond qu'il/elle a connu pire et que vous avez tort de vous plaindre,

- il/elle essaie de contrôler votre vie,

- il/elle ne tient pas compte de vos demandes (par exemple, en vous appelant par un surnom que vous détestez ouvertement),

- il/elle ne supporte pas d'être critiqué-e et peut alors piquer d'énormes crises (mais critique énormément autrui),

- il/elle croit avoir de l'humour mais ne fait que se moquer des autres et ne sait pas rire de lui/elle. Si on fait une blague, même gentille à son sujet, il/elle le prend mal!

- il/elle considère toujours autrui comme responsable de ses propres problèmes,

- il/elle essaie de vous culpabiliser et de vous faire croire que si votre relation ne marche pas, c'est de votre faute,

- il/elle vous demande de lui pardonner sous prétexte qu'en tant qu'ancien-ne harcelé-e, il/elle a beaucoup souffert,

- il/elle glisse des remarques désobligeantes ou dévalorisantes dans ses propos (par exemple: "tu serais super belle si tu voulais bien te mettre au régime" ou "mon ex, lui, il m'écoutait")

- il/elle croit avoir toujours raison,

- il/elle vous menace de se suicider ou de faire une grosse bêtise si jamais vous le/la quittez,

- de temps en temps, il/elle vous demande pardon, vous promet de ne plus jamais être méchant et se met aux petits soins... mais retombe vite en mode toxique, comme si rien ne s'était passé,

- de manière générale, interagir avec cette personne vous épuise et vous stresse.

 

Une personne toxique n'a pas forcément toutes ces caractéristiques mais même une seule d'entre elles n'est pas acceptable.

 

 

Vous avez une Pétunia dans votre entourage? Eloignez-vous d'elle/lui, c'est la meilleure chose à faire!

 

(Mes excuses à toutes celles qui portent ce prénom. Je n'ai rien contre vous, c'est juste une référence littéraire.)

 

Ce conseil (prendre ses distances) peut paraître étrange sur un blog d'aide aux personnes harcelées. Oui, c'est très bien d'aider et d'aimer les autres. Seulement, on ne peut pas aider une personne toxique, sauf si elle l'a vraiment décidé. Même les psychologues et les psychiatres expérimentés ont souvent du mal à aider ce genre d'individu alors pourquoi vous imposeriez-vous ce calvaire? Vous avez déjà assez de problèmes sans vous empoisonner avec ceux de quelqu'un qui, de surcroit, ne sait pas vous aimer. Même si cette personne vous fait du chantage au suicide, ne cédez pas: vous êtes responsable de votre vie, pas de la sienne (et au passage, mon ex m'a fait ce genre de menace mais n'a jamais sauté le pas).

 

Il se peut que vous soyez obligés d'interagir avec un-e Pétunia (parce que c'est un-e collègue ou un membre de votre famille, par exemple). Voici quelques conseils pour ce genre de situations:

 

- Posez clairement vos limites et ne le/la laissez pas vous marcher sur les pieds,

- dites-lui que le fait d'avoir été harcelé-e ne lui donne pas le droit d'agresser les autres,

- osez vous affirmer. Dites, par exemple: "J'ai mon opinion, tu as la tienne", "j'ai la conscience tranquille" ou "non, je ne te prêterai pas ma voiture, point".

- ne culpabilisez pas. On ne peut pas aider une personne toxique en l'aimant.

- renseignez-vous sur les troubles de la personnalité. Il y a des livres et des sites internet qui peuvent vous aider.

- s'il/elle pique une crise, isolez-vous et laissez-le/la se calmer seul-e (ne nourrissez pas le troll),

- si cette personne va vraiment trop loin, vous pouvez porter plainte. Ne culpabilisez pas d'en arriver là: en faisant ça, vous le/la traitez en adulte, pas en bébé dont on accepte tous les caprices,

- même si c'est tentant, ne l'agressez pas. Si il/elle vous énerve, dites-lui clairement et TOUT DE SUITE ce qui ne va pas. Si vous vous sentez vraiment sur les nerfs, vous pouvez lui écrire.

- Chassez les pensées négatives de votre tête. Après avoir interagi avec cette personne, exercez des activités sympas pour vous détendre. Vous avez droit à la sérénité.

 

 

Finissons par le plus important

 

Surtout, rappelez-vous que tous les survivants du harcèlement ne deviennent pas des personnes toxiques, heureusement. Quelle que soit la situation, gardez à l'esprit que le harcèlement ne représente qu'une partie de l'histoire de votre ami-e. Essayez de le/la voir comme un être humain autonome et pas comme l'archétype de la victime. En un mot, soyez son ami-e.

 

 

ps: j'ai trouvé l'image ici. merci, morguefile.com!

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:34

En ce moment, une idée me trotte dans la tête. Je pense que ce serait bien de réunir des témoignages de gens qui ont survécu au harcèlement scolaire et qui se sont reconstruits. C'est vrai, quand on parle de harcèlement, on a tendance à verser dans le pessimisme pour rappeler que c'est un problème qu'il faut VRAIMENT prendre au sérieux. C'est vrai qu'aucun harcèlement n'est anodin. C'est vrai que dans un monde sans brimades, Pauline, Noélanie, Rehtaeh et les autres seraient toujours de ce monde. Seulement, je crois que laisser entendre à un(e) survivant(e) qu'il/elle va forcément se suicider ou rester dépressif/ve toute sa vie, c'est risquer une prophétie auto-réalisatrice. Il est parfaitement normal de pleurer juste après un traumatisme mais à un moment donné, il faut essuyer ses larmes et aller de l'avant, et on y arrive mieux quand quelqu'un vous encourage.

Je pense que ce serait peut-être bien si quelqu'un créait un espace de témoignages sur Internet, par exemple sur tumblr ou sur twitter. Chaque survivant(e) pourrait laisser un message, même très bref, pour faire partager son expérience. Par exemple, ça pourrait donner:

J'ai survécu au harcèlement scolaire, j'ai épousé l'amour de ma vie et on a adopté un enfant qui nous apporte du bonheur au quotidien.

Ou bien:

J'ai survécu au harcèlement scolaire. Aujourd'hui, je donne mon sang plusieurs fois par an. Je sauve des vies au lieu d'en détruire, c'est la plus belle revanche possible.

Ou encore:

J'ai survécu au harcèlement scolaire et je suis artiste-peintre. J'ai décidé qu'un jour, je grimperai en haut d'une montagne pour peindre les neiges éternelles et je ferai tout pour réaliser mon rêve.

Si ce projet de témoignages se réalise, il faudrait évidemment que tout le monde respecte quelques règles: on ne cite pas de noms (ce ne sera pas un espace de délation), on fait en sorte que le contenu soit acceptable pour les enfants (pas de porno ou d'ultraviolence) et on essaie de soigner l'orthographe au minimum.

Quelqu'un est-il intéressé par ce projet? Des questions? Des suggestions?

 


EDIT

 

Créé! Voici l'adresse!

 

http://jaisurvecuauharcelement.tumblr.com/

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 20:25

Ce mardi 26 novembre 2013, un reportage sur le harcèlement scolaire sera diffusé dans le journal de 19h45 de M6. Pour ceux que ça intéresse, je témoigne (à visage caché) dans ce reportage.

Replay

 

Mes amitiés à tous et bonne soirée. :)

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