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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 09:41

Beaucoup de jeunes sont victimes de violences au sein de leur établissement scolaire, au sein de leur foyer, dans les transports en commun, dans leur quartier…

 

Le dispositif Jeunes Violences Ecoute constitue un relais essentiel pour les jeunes victimes ou témoins de violences, en mettant à disposition un numéro vert 0808 807 700 et un site internet.

 

A partir du 14 octobre, Jeunes Violences Ecoute lance une campagne de communication au cinéma, en affichage et sur le Web, avec des visuels interpellants et un message qui incite à l’action « la solution c’est d’en parler ».

 

Participez à un élan solidaire via le site www.jeunesviolencesecoute.fr en relayant un message de prévention et en faisant grimper le compteur des personnes sensibilisées.

 

Racket, Harcèlement, Agression sexuelle, la solution c’est d’en parler !

 

 

Un grand merci à Grégory Jeandot, qui nous a transmis ce message.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:14

Quand on parle de harcèlement, il y a une question qui revient souvent : « on me harcèle, que faire ? » J’ai déjà parlé ici de certaines choses indispensables à faire (dénoncer, garder une trace écrite, garder espoir) mais une question divise : lors d’une agression, faut-il attendre que cela passe ou rendre les coups ?

Mes réponses sont tirées de mon expérience personnelle, de mes lectures et de l’avis de personnes concernées. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue et je ne prétends pas que les pistes que je vais proposer vont forcément marcher à tous les coups. Prenez simplement cela comme des conseils personnels.

 

 

Rendre l’agression ou ne rien faire ?

 

Dès l’enfance, on nous répète que la violence c’est pas bien, qu’il ne faut pas frapper, cogner, griffer, que les pacifistes ont toujours raison, que les vraies filles sont gentilles et douces comme Blanche-Neige et qu’on peut régler les conflits uniquement en parlant.

 

Personnellement, je pense que c’est formidable d’être pacifiste. J’ai une très grande admiration pour les apôtres de la non-violence comme Gandhi ou Martin Luther King. Je suis certaine que la violence gratuite n’avance jamais à rien, sinon à faire vendre les places des blockbusters. Seulement, il y a des circonstances dans lesquelles on n’arrive à rien en se contentant de sourire et d’attendre. Le harcèlement a justement pour but de faire réagir et quand un gosse à problème agresse et ne constate aucune réaction, il peut très bien agresser davantage pour provoquer les réactions. Ne pas réagir, c’est une mauvaise idée.

 

On peut aussi être tenté d’avoir des coups de colère et d’aller rendre l’agression au centuple. C’est parfaitement humain et on a tous déjà eu envie de faire ça, moi la première. Le problème, c’est que c’est une stratégie risquée parce qu’à ce moment-là, on passe pour la grosse brute/hystérique/personne à problèmes.

 

 

Alors que faire ?

 

D’après moi, le mieux, c’est encore de se défendre de façon proportionnée, de montrer qu’on est un être humain et qu’on a le droit d’exister autant que n’importe qui. D’une certaine façon, vous rendrez service à vos bullies : ils se rendront peut-être plus facilement compte qu’ils n’ont pas le droit de frapper le premier venu.

 

 

L’auto-défense verbale

 

Voici quelques pistes pour vous défendre quand quelqu’un vous insulte ou vous dénigre. Evidemment, mieux vaut les adapter à la situation :

 

L’acquiescement

Cette méthode consiste à faire semblant d’être d’accord avec la remarque de votre agresseur, en retournant ses propos à votre avantage, afin qu’il/elle se lasse. Voici quelques exemples :

 

- T’es qu’une petite gamine !

- C’est vrai, j’ai une âme d’enfant, joyeuse et innocente.

 

- Tu t’habilles comme un taré !

- C’est vrai que j’ai un look unique et créatif.

 

Le questionnement

Cette autre méthode consiste à demander calmement à l’agresseur pourquoi il/elle a dit telle ou telle chose. Elle a pour but de montrer au bully que ses attaques n’ont pas d’effet sur vous et donc de le déboussoler. Voici un exemple :

 

- On sait que t’as couché avec trois mecs, grosse p… !

- Pourquoi penses-tu que j’ai couché avec trois mecs ?

- C’est S… , à la soirée de N… Elle l’a vu !

- Elle l’a vu ? Pour ça, il aurait fallu qu’elle soit dans la pièce. Elle n’a rien fait ?

- Oh, je sais pas… Mais tout le monde le dit !

- Tout le monde le dit ? C’est qui, tout le monde ?

- Tout le monde au lycée !

- Tu as parlé avec tout le monde au lycée ?

Etc…

 

La contestation

Quand on conteste, on dit simplement et calmement qu’on n’est pas d’accord. Voici des exemples :

 

- T’as des grosses fesses, c’est moche !

- Tu trouves ? Moi, je les trouve très bien, mes fesses.

 

- Ton tee-shirt est moche, mais moche !

- C’est ce que tu penses. Moi, j’adore ce tee-shirt !

 

L’humour

Cette méthode est difficile à mettre en place car elle demande un bon sens de la répartie, ce qui ne s’acquiert pas facilement. Cependant, justement dosée, elle peut parfois aider en mettant les spectateurs de votre côté. A utiliser plus particulièrement quand d’autres personnes regardent. Voici des exemples :

 

- Hé, t’es vierge ?

- Non, je suis balance.

 

- T’es qu’un bébé et t’auras jamais ton bac !

- Dommage. Les bébés adorent jouer avec des bacs.

 

- T’es nul et ta mère, c’est une s… !

- Quand j’entends ça, je regrette que les oreilles n’ont pas de paupières !

 

 

Autant que possible, quand vous répondez, évitez d’avoir l’air apeuré ou même de sourire. Dans l’esprit des petites brutes, une personne qui sourit est une personne gentille et la gentillesse est signe de faiblesse.

 

Avertissement : il y a peu de chances pour que ces techniques marchent du premier coup. Ce n’est pas de votre faute : la personne qui vous harcèle a juste un problème. Persévérez. Entraînez-vous à parler fort, à prendre un ton calme, tenez-vous droit et regardez le bully dans les yeux. Réservez-vous un bon moment de détente pour décompresser tous les jours, après l’école. Ensuite, entraînez-vous, même cinq minutes, à parler calmement et avec assurance.


Eventuellement, enregistrez les insultes et les propos désobligeants avec votre téléphone portable. Ça vous fera une preuve si vous voulez porter plainte.

 

 

L’auto-défense physique

 

Il y a une histoire qui me hante, celle de la petite Noélanie. Harcelée à huit ans, elle devait subir des actes de harcèlement de la part d’enfants de son âge, dont des strangulations. Prévenue, les membres du corps enseignant l’ont punie pour avoir rendu les coups. La petite fille est morte peu après d’un œdème cérébral.

Or, de l’avis général, Noélanie n’était pas du tout une enfant violente. Au contraire, c’était une pacifiste au cœur tendre qui rêvait de changer le monde. On lui reprochait de pratiquer la légitime défense, ce qui était franchement stupide. Je le répète, je suis contre la violence gratuite. Seulement, essayer de sauver sa peau, ce n’est pas de la violence gratuite.

 

Ce que je vais écrire va sûrement être contesté et critiqué mais tant pis : si on vous frappe et si vous avez envie que ça s’arrête, vous pouvez rendre les coups. Faites-le de façon proportionnée et n’attaquez pas le/la premièr(e). Vous avez le droit de vous défendre : inutile de vous retrouver avec dix bleus quand vous en avez déjà deux. Eventuellement et si vous aimez le sport, apprenez un sport de combat ou un art martial : cela vous aidera à mieux contrôler votre stress et votre respiration.

 

Je ne vais pas vous mentir : après avoir rendu les coups, il est possible et même probable que vous allez vous retrouver dans le bureau du principal, avec le bully qui pleurniche en disant que vous l’avez attaqué sans raison. Accrochez-vous. Expliquez bien que c’est lui/elle qui vous a agressé(e) et que ce que vous avez fait s’appelle de la légitime défense. Dites-lui que vous avez gardé des preuves du harcèlement et que vous pouvez les lui montrer. Encore une fois, entraînez-vous à parler calmement et/ou préparez un petit discours (Monsieur, X. m’a poussée à bout. Cela fait une semaine qu’il essaie de me tripoter à chaque fois qu’il me croise dans les couloirs. Je me suis défendue, c’est tout).

 

Evidemment, on va vous reprocher d’avoir utilisé la violence au lieu de dénoncer votre agresseur. Répondez franchement, par exemple en disant :

 

- Evidemment, je n’ai pas eu le temps de le dénoncer. Il m’a agressé il y a cinq minutes.

- X. a menacé d’aller faire ceci ou cela si je le dénonçais. J’ai essayé de régler ça tout seul.

- Au début, elle m’a seulement insultée. Je ne pensais pas qu’elle irait jusqu’à me frapper.

 

Vous risquez de vous prendre une heure de colle, d’accord. Et alors ? Cela vaut mieux que de se laisser agresser. Affirmez-vous. Si une autre personne est harcelée en même temps que vous, faites équipe avec lui/elle. Vous avez le droit d’exister autant que n’importe qui.

 

Au passage, les filles seront peut-être davantage blâmées de s’être défendues. De nos jours, un garçon qui se sert de ses poings passe pour un « vrai mec » (j’aime pas cette expression, insultante pour tous les garçons qui n’aiment pas la violence) tandis qu’une fille qui répond à un attouchement par un coup de poing est vite traitée de « furie » ou « d’hystérique ». On va peut-être vous reprocher de vous être défendues. Seulement, ça n’a aucun sens : on est au 21ème siècle, après tout. Toutes les filles/femmes ne peuvent pas se permettre de prendre l’air fragile et d’appeler le prince charmant au secours dès qu’il y a un problème. Essayez un peu de penser à ces héroïnes fortes et indépendantes qu’on voit à la télé ou dans les livres, comme Buffy Sommers, Katniss Everdeen ou Ellen Ripley. Si elles se défendent quand on les agresse, pourquoi pas vous ?

 

 

Enfin, et j’insiste sur ce point, n’utilisez la violence qu’en tout dernier recours et ne vous contentez pas de rendre les coups. Gardez une trace écrite de ce qui se passe, conservez toutes les preuves et demandez de l’aide à un adulte de confiance. Insistez. Se défaire d’un harceleur n’est jamais facile mais il vous faut persévérer. Eventuellement, portez plainte ou demandez à changer d’établissement. Vous avez droit à la sécurité.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 13:05

Cette nouvelle association mène des actions contre le harcèlement scolaire. Vous pouvez les contacter si vous voulez qu'ils interviennent dans votre établissement.

 

Pour plus de renseignements ou pour les aider, cliquez ici.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 09:21

 Il peut arriver à n’importe qui d'avoir été harcelé pendant sa scolarité. Pour certaines personnes, c’est de l’histoire ancienne même si la cicatrice est toujours là. Pour d’autres, cela peut être un peu plus pénible. Voici mes conseils aux survivants du harcèlement :

 

-          Faites-vous aider. Le fait de suivre une psychothérapie peut très bien vous aider à tourner la page. D’ailleurs, en général, les gens qui disent que « les psys c’est nul » sont ceux qui ont le plus besoin d’être aidés.

 

-          Parlez à d’autres personnes qui sont également passées par là, par exemple via les blogs et les forums. Ça aussi, ça fait du bien.

 

-          De temps en temps, vous aurez besoin de pleurer un bon coup. C’est humain et tout le monde pleure de temps en temps. Seulement, le piège, c’est de se complaire dans la tristesse et de rester en mode victime pendant toute sa vie. Accueillez vos accès de tristesse quand il le faut mais ne faites pas exprès de trainer des boulets.

 

-          Un autre piège consiste à rester centré uniquement sur ses propres problèmes. Quand quelqu’un vous parle, écoutez bien cette personne, faites attention et évitez de la juger trop vite. Evitez aussi de lui couper la parole ou de lui répondre systématiquement « eh bien, moi je… ». Posez-lui des questions. D’ailleurs, plus vous vous intéresserez aux autres, plus ils auront envie de s’intéresser à vous.

 

-          Ne vous comparez pas à autrui : c’est toxique. On avance chacun à notre rythme et sur notre propre chemin. Dites-vous que si untel réussit mieux ou moins bien que vous dans tel ou tel domaine, ça veut simplement dire que vous êtes différents.

 

-          De temps en temps, lancez-vous un nouveau défi. Inscrivez-vous à une nouvelle activité, préparez un entretien d’embauche, découvrez un endroit où vous n’êtes jamais allé(e). Sortez de votre zone de confort. Il n’y a pas de petites victoires ni de petites nouveautés.

 

-          Ne demandez pas à votre partenaire amoureux/se de vous guérir de votre passé. Qu’on soit célibataire ou en couple, il arrive à tout le monde d’être malheureux, d’avoir des coups durs ou des moments de déprime. La vie de couple n’est pas un moyen magique pour être heureux, c’est juste une possibilité.

 

-          Certains survivants ont tendance à attirer les personnes toxiques ou abusives, pas parce qu’ils sont « mauvais » mais parce qu’ils n’ont rien connu d’autre. De temps en temps, renseignez-vous sur les personnalités toxiques et demandez-vous si telle relation ne vous rend pas malheureux. De toute façon, il vaut mieux être seul(e) que mal accompagné(e).

 

-          Si comme moi, vous avez connu un harcèlement de type sexuel, gardez à l’esprit que ce n’est pas votre faute. Si votre partenaire vous reproche d’être « coincé(e) au lit », il est temps de rompre. Le sexe n’est ni une course, ni une compétition.

 

-          Restez modestes. Certains survivants ont malheureusement tendance à « surcompenser » en se prétendant meilleurs que les autres. Quand on crie sur tous les toits que « moi, on m’agressait parce que j’étais cent fois plus beau et plus intelligent que tout le monde et qu’ils étaient tous jaloux », on apparait tout de suite comme quelqu’un de prétentieux, immature et qui ne s’intéresse pas aux autres. Plutôt que de vous faire des compliments à vous-mêmes, faites-en à autrui, c’est plus gratifiant.

 

-          A l’inverse, évitez de répéter « je suis nul(le) » toutes les trois phrases. L’excès de modestie part peut-être d’une bonne intention mais ça peut devenir un peu énervant pour votre entourage. Si vous pensez que vous êtes nul(le) (ce qui n’est sûrement pas le cas), trouvez-vous une activité sympa qui vous valorise.

 

-          En cas d’échec, relativisez. Il arrive à tout le monde d’échouer au permis de conduire ou de se faire éconduire, par exemple. Ce n’est pas la fin du monde.

 

-          De temps en temps, faites une petite liste de toutes les choses positives dans votre vie (un voisin sympa, un joli lever de soleil, votre chanson préférée qui passe à la radio…) ça remet de bonne humeur !

 

-          Gardez à l’esprit que vous ne pouvez pas changer votre propre passé. En revanche, vous pouvez très bien changer l’avenir. Demain, votre vie sera meilleure.

 

-          Si le sort des enfants qu’on harcèle aujourd’hui vous rend malade, faites quelque chose. Il existe des associations qui luttent contre le harcèlement, comme l’Association Noélanie. Voici une liste, classée par régions. Vous pouvez les aider, par exemple en collant l’une de leurs affiches quelque part ou en leur faisant don de quelques euros. On peut rendre le monde meilleur !

 

D’autres suggestions ?

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 18:49

Les gens qui harcèlent osent rarement l'avouer par la suite, pour diverses raisons. Cependant, le site Madmoizelle a réussi à réunir le témoignage de plusieurs anciennes harceleuses. Je vous conseille l'article, il est très intéressant.

 

Cliquez ici.

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 17:11

max-est-rackette.jpeg

 

Max se sent très mal: on lui a volé le vélo de Lili et pour le récupérer, il doit payer de sa poche! Il n'ose d'abord pas en parler mais au final, tout se termine bien pour lui.

 

En 46 pages, ce petit livre de la collection "Ainsi va la vie" explique le problème du racket aux enfants. Je le recommande chaudement.

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 09:37

 


 

 

 

Greater>Than sort au début des vacances d'été, car c'est lorsqu'ils ne sont plus à l'école que les enfants harcelés peuvent enfin respirer. Pendant cette période de reconstruction, les parents peuvent alors aider en cherchant, avec leur enfant, quelque chose lui permettant de rehausser sa confiance en soi pendant qu'il n'est plus à l'école. Les créateurs de ce projet espèrent qu'en regardant cette vidéo les parents et leurs enfants trouverons l'inspiration nécessaire à l'exploration de chemins d'expression personnelle plus sains.

 

Pour plus d'informations...

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 15:24

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Cette brochure est éditée par l'association Les Petits Citoyens, en partenariat avec l'Unicef. A travers des situations simples, elle explique les différentes formes de harcèlement aux enfants à partir de sept ans. Je la recommande à tous les enseignants et membres du corps enseignant, ainsi qu'aux parents.

 

Pour la commander, c'est ici.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:41

Aujourd'hui encore, l'homophobie et la transphobie servent de prétextes au harcèlement. J'aimerais faire un petit point non exhaustif sur cette question très compliquée.

 

Nous vivons dans un monde très "hétérocentré" et "ciscentré" (pardonnez-moi si mon vocabulaire est approximatif, je ne suis pas une experte). Dans les livres, les films et à la télé, le héros (qui est un homme cis) finit presque toujours par embrasser l'héroïne (qui est une femme cis). Or, dans le monde réel, il y a des homosexuels, des bisexuels, des transsexuels, des pansexuels, des asexuels, j'en passe.

 

L'adolescence est une période pendant laquelle il est NORMAL de se poser des questions. Enormément de personnes hésitent sur leur orientation sexuelle et/ou romantique à l'adolescence, et même à l'âge adulte. On peut être un garçon et vouloir embrasser un autre garçon. On peut être assigné fille et savoir qu'on est un garçon. On peut n'être pas du tout intéressé(e) par les rapports sexuels tout en désirant avoir une relation romantique. On peut ne s'identifier ni comme un homme, ni comme une femme, mais comme un peu des deux ou encore autre chose. On peut expérimenter plusieurs situations différentes au cours d'une vie. Toutes les possibilités sont acceptables tant qu'elles se font de manière consentie.

 

Le problème, c'est qu'à l'adolescence, ceux et celles qui ne correspondent pas à la "norme classique" doivent souvent en baver. Que le harcèlement homophobe ou transphobe soit "fondé" ou non (un(e) ado peut très bien être traitée de "goudou" ou de "pédé" alors qu'il/elle est ouvertement dans une relation hétéro), il s'avère TOUJOURS inacceptable. Il ne faut pas le laisser passer.

 

(Au passage, l'argument des "rapports sexuels hétéros qui sont les seuls acceptables parce qu'ils servent à se reproduire" ne tient pas debout. Autant que je sache, énormément de gens qui pratiquent les rapports hétérosexuels le font pour d'autres raisons, par exemple pour le plaisir ou pour montrer leur affection à leur partenaire. Je le répète, la seule règle obligatoire pour tous, c'est le consentement mutuel.)

 

 

Maintenant, voici mes conseils aux ados qui connaissent ce genre de situations:

 

- Cela va sans dire mais ne harcelez pas vous-mêmes: il y a déjà assez de malheur sur cette Terre sans en rajouter.

- Ne culpabilisez pas vis-à-vis de ce que vous ressentez. Il n'y a AUCUN mal à être homo, bi, a, pan, trans ou n'importe quoi d'autre. Ne laissez personne vous dire le contraire.

- Parlez-en à quelqu'un. Dans toutes les régions, il existe des associations gérées par des gens qui sont déjà passés par là. Vous verrez, ça fait un bien fou d'en parler. Si vous appréhendez de pousser la porte d'une association ou si vous habitez loin, vous pouvez commencer par fréquenter leurs forums sur Internet.

- Si on vous agresse, réagissez! Vous pouvez très bien porter plainte. Là encore, il y a des associations pour vous aider.

 

- Et surtout, gardez espoir! :)

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 16:22

Le slut-shaming (en français « humiliation des salopes ») est un phénomène qui s’apparente au harcèlement et qui consiste à humilier ou rabaisser une fille/femme sous prétexte de sa sexualité réelle ou supposée. Dès qu’une adolescente « s’éloigne de la norme » et même quand elle n’a strictement rien fait, elle doit subir des brimades.

 

Le slut-shaming peut se manifester de façon suivante :

 

-   Insultes;

-    Rumeurs (hé, unetelle a couché avec trois mecs en une semaine…) ;

-    Commentaires désobligeants concernant la tenue, le comportement ou même l’anatomie de la cible ;

-    Demandes abusives (si t’as couché avec truc, tu dois coucher avec moi…) ;

-   Harcèlement électronique (par le biais des réseaux sociaux, des blogs...);

-    Etc.

 

Le slut-shaming constitue une forme de harcèlement. En tant que tel, il ne peut pas et ne doit pas être toléré.

 

Voici quelques idées reçues sur le slut-shaming :

 

Ça ne fait pas de mal, on veut juste rigoler

Toute forme de harcèlement est inacceptable. Le slut-shaming peut avoir des conséquences très graves, comme dans le cas de Rehtaeh Parsons. C’est un problème à prendre très au sérieux.

 

Moi, je n’embrasse jamais dès le premier soir. Celles qui le font sont des sa***.

Le fait d’attendre ou non le deuxième rendez-vous (ou le dixième, ou même le mariage) avant d’embrasser, d’avoir des rapports sexuels ou de faire n’importe quoi est un choix personnel. Chacun fait ses choix et il n’y a aucun mal à prendre ses propres décisions.

En revanche, il y a un problème quand on veut contrôler la vie des autres. Si votre voisine décide d’embrasser son copain dès le premier soir, d’embrasser sa copine dans un lieu public, de porter une jupe courte ou au contraire de rester chaste jusqu’à la fin de ses jours, c’est elle que cela regarde, pas vous.

 

Si elle se fait violer, c’est qu’elle l’a un peu cherché. On n’a pas idée de porter une tenue pareille/boire de l’alcool/mettre sa photo en tenue légère sur son blog.

On n’a surtout pas idée de blâmer la victime !

Le fait de prétendre qu’une femme violée l’a cherché sous-entend que les hommes en général sont des êtres primaires, faibles, bestiaux, obsédés par le sexe, incapables de contrôler leurs pulsions et qui pensent avec leurs hormones, jamais avec leur tête ou leur cœur. Si tous les hommes étaient comme ça, ça se saurait. La pratique du slut-shaming insulte non seulement toutes les femmes, mais aussi tous les hommes.

 

Moi, je dis que c’est pas normal : il y a des fillettes de 13 ans qui se promènent avec le string qui dépasse. Il faut bien les remettre à leur place !

Cette affirmation, Laci Green (éducatrice en sexualité et auteure de vidéos fort intéressantes et sous titrées vf) y a déjà répondu bien mieux que moi sur cette page. Si vous ne parlez pas anglais, voici un résumé de sa réponse :
 
Oui, il y a un problème avec ce genre de situations. Non, vous ne valez pas mieux que les filles en question. Et non, CELA NE JUSTIFIE EN RIEN LE SLUT-SHAMING.  (…)
Il y A une raison pour que de très jeunes filles adoptent ce genre de comportements, et à l'âge tendre de 13 ans, ce n'est pas parce qu'elles assument consciemment leur corps et leur sexualité.  C'est parce qu'on leur a déjà pris leur pouvoir sexuel. A 13 ans, elles ont déjà appris que la seule chose considérée comme valable chez les jeunes femmes, c'est leur capacité à être considérées comme sexuellement attirantes pour les hommes. C'est une forme d'auto-chosification qui est causée par le sexisme et qui ne le justifie en rien.
Nous vivons dans une culture dysfonctionnelle dès qu'il s'agit du sexe. On laisse croire aux gens qu'ils ont le droit de penser que le slut-shaming, c'est 'la fote de cé cones ki s'habiyent come dé pute'. Il faut que les gens arrêtent de traiter à nouveau en victimes ces jeunes filles qui NE FONT QU'AGIR EN FONCTION DE CE QU'ELLES ONT APPRIS. Au lieu de les traiter de haut et de continuer ce cercle vicieux en leur disant qu'elles ne valent rien, il faut leur faire comprendre qu'elles sont IMPORTANTES. Pas uniquement parce qu'elles sont attirantes et désirables, mais parce qu'elles sont également fortes, intelligentes, drôles, intéressantes, gentilles, douées et n'importe quelles autres qualités qu'une personne qui apprend à se considérer comme un objet  ne reconnaîtra peut-être pas tout de suite.

 

Merci, Laci. J’aimerais ajouter qu’en outre, il arrive souvent qu’un(e) enfant adopte un comportement hyper-sexualisé à cause d'un traumatisme, parce qu’il/elle a subi des abus sexuels ou incestuels. Rabaisser quelqu’un qui a déjà souffert, c’est stupide.

 

Ma religion m’interdit de faire ceci ou cela.

Si vous aimez votre religion, tant mieux pour vous. Si le fait de pratiquer votre religion vous rend heureux, continuez ! En revanche, si vous voulez imposer votre religion à votre voisin, il y a un problème. Chacun a foi en ce qu’il veut : j’ai déjà rencontré des gens formidables qui aiment leur religion, s’en portent très bien et ne pratiquent ni l’intégrisme, ni le slut-shaming.

 

On a tous fait du slut-shaming un jour.

Oui, on a tous fait ce genre de bêtises un jour. On est tous humains, on a tous ‘dérapé’ à un moment ou à un autre, ne serait-ce que par ignorance ou dans un moment d’égarement. Seulement, ce n’est pas parce qu’on a fait une grosse bêtise un jour qu’on doit continuer à faire des bêtises toute sa vie. C’est parce qu’on est humains qu’on doit apprendre à respecter les autres et à les traiter comme on aimerait soi-même être traités.

 

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