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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 10:02

J’ai remarqué que dans tous les cas de harcèlement qui m’ont été soumis, la même chose se produit : les témoins estiment régulièrement que la cible est plus ou moins coupable lors de l’agression. On blâme l’enfant ou l’adolescent harcelé pour avoir été harcelé. D’ailleurs, j’en ai déjà parlé ici.

 

Le blâme peut prendre des formes diverses. On peut très bien reprocher à l’enfant agressé d’être timide, d’avoir peu d’amis pour le protéger, d’avoir une attitude provocante, de ne pas savoir se défendre, de ne pas ignorer l’agresseur pour qu’il se lasse, de faire des histoires pour peu de choses, etc. Parfois, le reproche est cousu de fil blanc, comme par exemple quand on reproche à un élève de se montrer bruyant alors que d’autres élèves sont nettement plus bruyants. Cependant, c’est une constante qui revient toujours.

 

Et cette attitude de blâme ne se retrouve pas que dans les cas de harcèlement : dans notre société, on a toujours tendance à blâmer les victimes. Notre voisin nous fait savoir qu’on lui a volé sa voiture ? On a peur que la même chose nous arrive et on se rassure en pensant « oh, c’est sa faute à lui, il n’avait qu’à la garer ailleurs, à moi ça ne m’arriverait jamais ». On lit dans les journaux qu’une femme s’est fait violer dans le quartier ? « Mais ça doit être une allumeuse, pourquoi prend-elle le risque de sortir de chez elle en jupe courte après huit heures du soir ? » Et ainsi de suite.

 

Et cette attitude de blâme a un effet pervers : en voyant qu’on la blâme, la victime a tendance à penser qu’effectivement, elle mérite plus ou moins d’être agressée. D’ailleurs, de nos jours, le mot victime est devenu plus ou moins péjoratif : on pense tout de suite à une personne faible, molle, passive, crédule et stupide. Le mot coupable est devenu presque moins insultant. C’est pour cela que sur mon blog, je parle toujours de cible.

 

Mais pourquoi un enfant est-il harcelé plutôt qu’un autre ? Bonne question. D’après ce site (en anglais, partiellement traduit en français ici), les harceleurs visent en priorité des enfants polis et respectueux, qui n’aiment pas la violence et préfèrent résoudre tous les problèmes en dialoguant. Ce sont des qualités que les adultes apprécient énormément chez les enfants et il est vraiment triste que l’on blâme les personnes pacifiques pour avoir des réactions de personnes pacifiques dès que quelqu'un se met à les harceler.

 

Je ne le dirai jamais assez, il n’y a que les gens faibles et stupides qui ressentent le besoin d'agresser. Il est temps qu’on arrête de blâmer les enfants harcelés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 17:34

couvertureCe livre a été publié par Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette aux Editions Fabert en 2010. C’est l’un des rares ouvrages traitant du harcèlement scolaire en langue française (ou le seul ?). Moi qui ai un diplôme de traductrice, je me demande si je ne vais pas proposer mes services aux maisons d’édition pour que les Français aient accès aux ouvrages anglophones.

 

Mais je m’égare. Je recommande cet ouvrage, qui est très bien fait (selon moi). Ses auteurs travaillent réellement dans un lycée et ont réellement rencontré de nombreuses personnes concernées par le harcèlement, qu’ils soient cibles, harceleurs ou parents. On y décrit (entre autres) le comportement des acteurs du harcèlement, les conséquences, et des solutions sont proposées. Ce qui est dommage, c’est que pour le moment, rien ne se fait à grande échelle. D’ailleurs, je n’ai même pas trouvé ce bouquin à la Fnac et j’ai dû le commander par internet, comme c’est dommage…

 

Un lien utile, celui du site internet de messieurs Bellon et Gardette :

http://harcelement-entre-eleves.com

 

Allez, bonne lecture...

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 10:26

Un message qui vient de m'être transmis et que je reproduis ici dans son intégralité:

 

 

 

Bonjour,

Notre collectif tient à vous transmettre la lettre ouverte que nous adressons aux pouvoirs publics sur la question du harcèlement entre élèves (souffre-douleur et bouc émissaire à l’école) Ce sujet est peu traité alors que des campagnes de prévention et même des lois “anti Bullying” existent dans d’autres pays, le “School - bullying», étant l’équivalent de “harcèlement à l’école”.

En France, 1 jeune sur 5 est concerné, c’est pourquoi, nous avons saisi le Ministre de l’Education Nationale, le Ministre de la Santé, la Ministre de la Cohésion sociale, le Président de la HALDE, la Défenseure des Enfants, de façon à ce que des préconisations soient adoptées qui puissent déboucher sur des actions de prévention et de formation de portée nationale dès la rentrée 2011- 2012.

C’est aussi un appel à signatures.

Restant à votre disposition ainsi que les autres membres du collectif pour répondre à toutes vos questions.


Bien cordialement.

Au nom du Collectif contre le harcèlement à l’école

Gabriel GONNET
Réalisateur
g.gonnet@lacathode.org

À Saint Denis, le 26 Janvier 2011

À : Mr le Ministre de l’Education Nationale, Mr le Ministre de la Santé, Mme la Ministre de la Cohésion sociale,
Mr le Président de la HALDE, Mme la Défenseure des Enfants

Nous souhaitons par la présente attirer votre attention sur la question des enfants harcelés à l’école, maltraitance à l’origine des phénomènes de « souffre-douleur » ou de « bouc-émissaire ». Nous saisissons donc vos instances afin de trouver des solutions précises et concrètes pour protéger ces jeunes et l’ensemble de la communauté éducative.

Notre intention est également de sensibiliser l’opinion publique, les médias, les acteurs de la communauté éducative (parents comme enseignants), les politiques et les institutions.

Le phénomène du harcèlement entre pairs dans l’espace scolaire est devenu tellement fréquent qu’on ne peut plus faire mine de l’ignorer… Quelle que soit la sociologie de l’établissement, 15 % des élèves environ (9% en tant que victimes, et 6% en tant qu’auteurs) sont concernés régulièrement par ces phénomènes entre pairs d’humiliations par violences verbales, ou physiques, répétées, insistantes, qui entament la confiance des victimes en l’école, et en eux – mêmes.

Les conséquences sur les souffre-douleur sont désormais bien connues : perte d’estime de soi, repli social, baisse de l’efficience scolaire, refus scolaire (un quart des élèves absents chroniques ne peuvent entrer à l’école parce qu’ils ont peur), phobie sociale, dépression, violence contre soi (conduites à risque et conduites addictives, prises de risques sexuels, tentatives de suicide), violence contre l’autre (les victimes de violence ont près de 5 fois plus de risques de devenir auteur de violences envers les autres).

La « loi du silence » contraint à la fois les victimes et les témoins de ces brimades : on ne fait que peu appel aux adultes, par peur de ne pas être pris au sérieux, et par peur des représailles, mais aussi par un consensus latent qui désigne la victime comme coupable de la situation, ce qui nourrit chez cette dernière un fort sentiment de honte (le sentiment d’être « nul ») qui alimente la marginalisation et réamorce les brimades.

Prévenir ces situations si désastreuses pour les victimes comme pour tout le public scolaire, consiste avant tout à mieux les repérer, à améliorer la qualité des interventions, à valoriser les ressources, mais aussi à mettre en place des dispositifs aptes à briser les enchaînements avant que ces violences ne s’installent, comme inéluctables.

Notre collectif, réunissant des acteurs du champ éducatif mais aussi du soin psychologique et psychiatrique, invite à l’ouverture d’une réflexion nationale sur cette question, afin que la communauté des adultes ne passe plus « à côté » d’un phénomène devenu à la fois banal et grave, pour les souffre – douleur comme pour l’ambiance générale de l’école française.

Nos voisins européens ont déjà obtenu d’importantes avancées dans ce domaine :
- En Norvège, Dan OLWEUS a largement fait connaître le phénomène des brimades à l’école et le terme anglo-saxon de « School-bullying » (harcèlement à l’école) en prônant la formation des enseignants et des programmes de prévention précoce.
- Au Royaume Uni, une loi anti Bullying sanctionne les faits de harcèlement dans l’école, une semaine anti bullying (anti bullying week) a été créée.
- En Belgique et en Suisse, des « kits de prévention » sont mis à la disposition des écoles et des intervenants sociaux, et aux Pays Bas, des politiques de prévention pour un « comportement prosocial ».
- Le Canada a conçu de s programmes spécifiques pour traiter les questions d’« intimidation », et d’« enfants isolés », une journée anti bullying au Canada (anti bullying day) a été créée, appelée « the pink shirt day ».
- L’Australie et les États Unis ont mis en place des actions et des campagnes spécifiques
- L’UNESCO promeut des travaux très aboutis sur la « gestion non violente des conflits ».


La France dispose aussi de tous les éléments pour analyser ce phénomène et en tirer les conséquences, grâce aux travaux d’Eric DEBARBIEUX, de Nicole CATHELINE, de Jean-Pierre BELLON et Bertrand GARDETTE de l’APHEE, d’Eric VERDIER, de Brigitte LIATARD avec MédiActeurs Nouvelle Génération sur la médiation par les pairs, et aux Colloques organisés par l’Association des Psychiatres et des Médecins Scolaire (APSYMED) présidée par le Dr Michel FOUILLET et par Fil Santé Jeunes et Jeunes Violence Ecoute (EPE Ile de France)…

D’autre part, des actions innovantes ont été mises en place dans différentes régions de France : à Clermont Ferrand, Evreux et Louviers, en Seine-Saint-Denis, qui n’ont malheureusement pas été assez soutenues par nos institutions nationales.

Nous vous proposons donc d’organiser, sous votre haut patronage, une consultation nationale permettant que toutes les pistes de solutions soient explorées et débattues et débouchant sur des préconisations précises ; elle pourrait être structurée autour des quatre axes suivants :

1° Diagnostiquer, repérer, dépister le phénomène :
- Inscrire le harcèlement comme une priorité dans la lutte contre les violences par l’institution scolaire, et dans la formation (initiale et continue) des personnels ;
- Former et accompagner des pairs et des référents de proximité, fréquentant l’établissement ou plus âgés (comme les jeunes en service civique).
2° Prendre en compte la souffrance des victimes :
- Créer des lieux ressources, des espaces de parole à leur destination ainsi qu’à celle de leurs proches, et des accompagnements individualisés que les technologies multimédia viendraient renforcer (comme l’aide en ligne).
3° Intervenir auprès des auteurs(es) :
- Intégrer de manière prioritaire le harcèlement dans les violences à combattre dans les instances liées à la vie scolaire (règlement intérieur, CESC, CVL, Heures de Vie Classe, formation des délégués,…)
- Mentionner clairement et concrètement les sanctions sur le plan de la Loi.
4°Mobiliser les tiers :
- Développer les dispositifs de participation active des élèves à la gestion pédagogique et domestique des établissements : conseils au sens des pédagogies coopératives, formation aux exigences du droit, c'est-à-dire mise en œuvre effective des articles 12 à 15 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.
- Compléter les dispositifs de formation et de régulation interne par des équipes d’intervention académiques, ou par des partenaires extérieurs, appuyées sur la diffusion d’outils pédagogiques sur le plan local et national.

Les résultats de ces consultations donneraient lieu à l’organisation d’un colloque développant les préconisations retenues et annonçant une campagne nationale de prévention à la rentrée scolaire 2011.

Nous tenant à votre disposition pour évoquer plus amplement avec vous ce projet d’envergure, nous vous prions d’accepter, madame, monsieur le Ministre, l’assurance de notre considération respectueuse.


Principe 2 de la déclaration des droits de l’enfant du 20 Novembre 1959:
« L'enfant doit bénéficier d'une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l'effet de la loi et par d'autres moyens, afin d'être en mesure de se développer d'une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité. Dans l'adoption de lois à cette fin, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être la considération déterminante. »













Premiers signataires :



Jean Pierre BELLON et Bertrand GARDETTE, APHEE- Auteurs du livre Harcèlement et brimades entre élèves,

Marie-Françoise BONICEL, Maitre de conférence en Psychologie sociale, Membre du Laboratoire de Psychologie appliquée de Reims : Stress et société
Dr Alain BRACONNIER, Psychanalyste - Centre Albert Binet- Paris
Nicole CATHELINE, CHU Poitiers – auteur du livre le Harcèlement à l'école
Olivier CLERC Ecrivain, Co-auteur de l'ouvrage Ecole changer de cap
Dr Marie Josèphe CHARDRONNET, Médecin scolaire, Membre du bureau d'APSYMED : Association des Psychologues et des Médecins scolaires,
Dr Jean-Jacques CHAVAGNAT, Président du GEPS (Groupement d'Etudes et de Prévention du Suicide)
Henri CHARPENTIER, ancien Directeur de l'IUT de Villetaneuse, Ass. REVEIL,
Dr Roland COUTANCEAU - Ligue Française de Santé Mentale
Bernard DEFRANCE - Défense des Enfants International
Dr Michel FOUILLET - CHU Saint ANNE - Président d'APSYMED
Isabelle GAYRARD, Journaliste
Catherine GIRAUD Psychologue clinicienne à la Maison de Solenn et en grandes écoles d'ingénieurs, membre du bureau d'APSYMED
Gabriel GONNET - Réalisateur - La CATHODE,
Maridjo GRANER Psychologue, Ass. Couple et famille,
Claire HÉBER SUFFRIN, Docteur en Sciences de l'Éducation - Initiatrice des Réseaux d'échanges réciproques de savoir
Georges HERVÉ, Psychologue scolaire - association REVEIL
Jacques LECOMTE, Docteur en Psychologie - Université Paris 10 - Président de l'association Française de Psychologie Positive
Brigitte LIATARD, MediActeurs nouvelle génération
Hubert MONTAGNER, Directeur de recherche INSERM
Edgar MORIN, Sociologue, Philosophe, Ecrivain
Jean Marie MULLER, Philosophe et écrivain auteur de La non-violence en éducation édité par l'UNESCO Jacques NIMIER, Professeur Honoraire de Psychologie Clinique de l'Université de Reins
Laurent OTT, Docteur en philosophie, Chercheur en Travail Social
Marcel RUFO, Pédopsychiatre, Directeur médical de l'Espace Méditerranéen de l'adolescence, CHU Marseille Armen TARPINIAN, Directeur de la Revue Psychologie de la Motivation, coresponsable du site « Ecole changer de cap »
Edith TATAR GODDET – Psychologue, Formatrice, Ass. Temps d'écoute, temps de parole
Eric VERDIER, Psychologue, LFSM : Discriminations, violences et santé

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 09:08

Un très bon ami à moi vous présente cette histoire fictive, un exemple de ce qui peut arriver quand il y a harcèlement. Merci beaucoup, Tim.



Il s'appelait Boris, il était intelligent ,épanoui, aimable, toujours prêt à rendre service.


Les deux premières années au collège, tout allait pour le mieux, mais en 4ème les choses se sont gâtées, dans sa classe il y avait des éléments perturbateurs qui ont fait de Boris leur cible numéro 1.

Ils montèrent la moitié de la classe contre lui et même ses copains d'avant se mirent à l'ignorer voir  à le railler. "Pédé, femmelette, va te coiffer aux P... Va te faire foutre" et autres insultes étaient devenues son quotidien. Pendant certains cours il se faisait agresser et certains élèves allaient jusqu'à prendre sa copie et se la faisaient passer pour l'empêcher de remplir son interro.

En 3ème la situation s'aggrava encore car il fut replacé avec ses ennemis malgré des plaintes émanant  de lui, et dès le jour de la rentrée le cauchemar reprit.

Peu de gens s'étonnèrent de la baisse de ses résultats en cours d'année. Arrivé au mois de Mai il n'en pouvait plus et on lui promettait un avenir difficile au lycée.

Un jour ses camarades lui en firent voir de toutes les couleurs, et après les cours ils se dépêchèrent de mener une expédition punitive contre lui car il avait été se plaindre au directeur.

Alors qu'il sortait et qu'il passait près d'un entrepôt, ils lui tendirent une embuscade et Boris se réfugia dans un vieux meuble et il s'y donna la mort. Il ne voulait pas finir une nouvelle fois sous les coups  de ses agresseurs, qu'il croyait décidés à le tuer. Ils trouvèrent son cadavre et s'enfuirent aussitôt, sans rien dire à personne.

Ils n'ont jamais été punis pour ce qu'ils ont fait.

Boris aurait eu 15 la semaine suivante.

Il laisse une famille meurtrie.

Des parents inconsolables.

Une sœur de 12 ans, il était tout pour elle.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 11:12

Voici un texte dont m’a fait cadeau un bon ami à moi, qui est passé par la case ‘harcèlement’. Il décrit très bien ce qui se passe dans les collèges. Merci, Tim.

 



On est dans une classe de 3ème, on arrive à un cours de technologie, comme toute les semaines c'est la pagaille, le professeur n'a aucune autorité sur cette classe où les élèves ont une sale mentalité.


Deux élèves, L et C, ont un an de retard et sont en quelque sorte les maîtres de la classe, L est le plus fort physiquement et C est son bras-droit, pendant le cours ils bavardent beaucoup et le professeur leur demande de se calmer, alors C, le plus insolent des deux, lui dit que tout le monde parle pendant le cours et qu'il est en classe pour foutre le bordel, L lui emboîte le pas et ils narguent ouvertement le professeur, allant même jusqu'à l'insulter, et les autres élèves, ceux qui travaillent bien notamment rigolent de la situation, car L et C sont des exemples à suivre puisqu'ils s'affranchissent de l'autorité du professeur.


Le professeur, se sentant rejeté par le comportement nocif de la classe décide de ne pas pousser plus loin la conversation.


Puis le chahut reprend dans la classe, les élèves se contrefichent du cours, mâchent des chewing-gum en sachant que c'est interdit, voilà donc pour l'ambiance qui règne. Cependant un élève ne s'amuse pas de la situation, il s'appelle S, et il craint les cours de technologie par dessus tout, car c'est l'anarchie la plus complète et qu'il est le souffre-douleur de la classe.


C s'ennuie un peu alors il sort un élastique l'enfile entre les jambes d'un compas et commence à claquer différents projectiles en direction de S, et d'autres élèves rigolent en voyant ça. C'est au tour de L de se lever et de venir renverser les affaires de S qui décide de le dénoncer au professeur, sur ce, les autres élèves se mettent à traiter de menteur S tout en rigolant tant ils sont fier du mal qu'ils font à S. Ils considèrent que C et L ont tous les droits dans la classe, y compris d'avoir quelqu'un à écraser, à détruire.


Pendant les travaux pratiques qui suivent, S n'ose pas travailler à cause des outils dangereux et d'un éventuel accident dont il pourrait être la victime, car il le sait, ses agresseurs L et C ont tous les droits sur lui, même de le blesser irrémédiablement.


Résultat il se prend un zéro mais trouve que c'est mieux que d'essayer d'avoir une note correcte dans ces conditions.


A la sortie il se fait encore agresser et rentre ensuite chez lui, il a terminé la semaine, il va comme tout les week-ends regarder des séries télés pour oublier son horrible cours de technologie, dans sa classe épouvantable, que son professeur principal considère comme une classe exemplaire.


Il n'a qu'une envie c'est que l'année scolaire se termine pour tourner la page, mais ce sera dur.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 14:44

 Prenons une classe de cinquième pendant un cours de géographie (par exemple). Le professeur distribue les copies qu’il vient de corriger et beaucoup de notes sont mauvaises. Un élève appelé A (parce que j’ai la flemme de trouver des noms aujourd’hui) ramasse sa copie et fait la grimace. Il pense : « Aïe, ça fait mal, je ne m’y attendais pas ! Mon père va faire la gueule, c’est sûr. Voilà ma journée qui commence mal. Aïe, aïe, aïe ! Bon, courage, ce n’est pas la fin du monde. Je suis bon en gym et en biologie, après tout, je peux encore sauver ma moyenne. Et puis, B est fort en géographie, je vais lui demander de m’expliquer ce que je n’ai pas compris. S’il refuse, ce ne sera pas grave, je demanderai à C. Et puis, je bosserai un peu plus la prochaine fois. Comme ça, j’aurai une meilleure note. »

 

Un autre élève appelé D ramasse sa copie et constate qu’il a lui aussi une mauvaise note, ce qui crée chez lui les pensées suivantes : « Aïe, ça fait mal, je ne m’y attendais pas ! Mon père va faire la gueule, c’est sûr. Je suis sûr que le prof me haït, c’est un pourri ! Et c’est tellement injuste que B et C soient bien notés. Ces fayots, ils m’agressent avec leurs bonnes notes, c’est pas normal qu’ils soient mieux notés que moi ! Dès qu’on sort de cours, je vais aller tabasser B, ça va me défouler. Ou plutôt non : je vais tabasser E : c’est le plus petit et le plus inoffensif de la classe. Après tout, il n’y a pas de raisons pour que je sois le seul à avoir une matinée pourrie ! »

 

Vous l’avez sans doute compris, de ces deux élèves, D a un profil type de harceleur tandis qu’A est un élève agréable, équilibré et apprécié de ses camarades. A possède une bonne intelligence émotionnelle tandis que D est à la fois déconnecté de ses propres émotions et des émotions des autres. Il perçoit autrui comme une menace et ne sait pas communiquer autrement que par l’agression, et cela se manifeste en permanence, pas uniquement quand un professeur distribue des copies. En outre, son attitude brutale entraîne naturellement des réactions de crainte et de méfiance chez ses camarades, qui évitent naturellement d’interagir avec lui. Du coup, il traîne uniquement avec des ados qui ont le même profil psychologique que lui et ensemble, ils s’enfoncent dans leurs propres défauts. Si un élève tente de leur apprendre à communiquer de manière positive, ils prennent cela pour une agression et rejettent cette main tendue. Ils n’apprennent rien, et leur comportement ne fait que nuire à la classe.

 

Evidemment, il faut lutter contre le harcèlement scolaire dès qu’il se présente. Mais personnellement, je pense qu’il serait encore mieux d’apprendre dès le plus jeune âge aux enfants à développer leur intelligence émotionnelle afin de faire en sorte que le moins d’enfants possibles ne deviennent de petites brutes. Paraît-il que dans certains pays, cela se pratique déjà dans les salles de classe, parfois dès la maternelle. Je me demande ce que cela pourrait bien donner en France…

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 10:37

On m’a souvent posé les mêmes questions bien après le collège : « Comment as-tu pu laisser faire ça ? », « comment as-tu pu trouver normal d’être harcelée » et « C’est si facile de se débarrasser de quelqu’un qui vous embête, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? »

 

Je pourrais poser les mêmes questions à ceux qui m’ont pourri la vie : « Comment as-tu pu me faire ça ? », « Comment as-tu pu trouver normal de harceler quelqu’un qui ne t’a rien fait ? » et « C’est si facile de laisser les autres tranquilles et de s’occuper de sa propre vie, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? » Mais je suppose que ces questions peuvent obtenir des réponses détaillées et en rapport avec le contexte correspondant. Les voici.

 

Dès la naissance ou presque, nous sommes tous conditionnés. Nos parents, nos proches et les médias nous montrent ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Or, on ne parle presque jamais aux enfants du harcèlement scolaire, sauf en termes très vagues tels que « n’agresse pas », « défend-toi » ou « ignore-les si on t’embête ». Ce genre de conseils n’aide pas dans la réalité.

 

Les médias nous offrent une vision complètement faussée du harcèlement entre élèves. Dans les dessins animés et les séries-télé, si un enfant ou un adolescent est harcelé par ses camarades, cela dure à peine le temps d’un épisode. L’enfant finit généralement par dire « fous-moi la paix ! » à son agresseur, qui le laisse tranquille à jamais, même s’il est deux fois plus costaud que lui. Evidemment, cela ne se passe pas ainsi dans le monde réel : l’agression peut s’étendre sur des mois, parfois sur des années, et un enfant harceleur, dépourvu de sens moral, s’avère complètement indifférent à ce genre d’injonctions.

 

Dans les rares cas où les actes de harcèlement sont présentés comme s’étendant sur une longue période, l’enfant fictif ne souffre d’aucune séquelle psychologique. On le montre parfois s’écriant « oui, on m’a fait souffrir mais ça m’a rendu plus fort ! J’ai envie de remercier ceux qui m’ont agressé. » Dans le monde réel, les séquelles psychologiques du harcèlement peuvent être profondes et durables.

 

On peut ajouter à cela que dans ces fictions, les adultes sont considérés comme complètement inutiles. Un élève spectateur n’y dénonce jamais ses camarades de classe. S’il le fait, c’est la honte pour lui et tout le monde le blâme, y compris ses parents et/ou professeurs.

 

Prenez un enfant normal, poli, honnête et intelligent, et faites-lui regarder ce genre de programmes pendant des années. Laissez-lui entendre à la fois que le harcèlement est une bénédiction, que les enfants harcelés sont forcément des faibles qui l’ont cherché et que dénoncer, c’est mal. Ensuite, faites-le entrer dans une cour d’école et demandez à un enfant déséquilibré, agressif et dysfonctionnel de lui pourrir la vie (ce qu’il fera sans hésiter, croyez-moi). Et essayez d’entrer dans la tête de l’enfant qu’on harcèle.

 

Personne ne l’a préparé à cela, absolument personne. Comme on lui a fait comprendre depuis longtemps que les enfants qui demandent de l’aide aux adultes sont des « fayots » méprisables, il ne demande l’aide de personne. Comme la télévision lui a fait croire qu’on peut très bien venir à bout du harcèlement tout seul, il essaie de se débrouiller seul. Evidemment, ça ne marche pas. Perdu, il constate que personne ne lui vient en aide (parce que tous ses proches ont été conditionnés pour croire que les gens harcelés n’ont pas besoin d’être aidés, que s’ils ne s’en sortent pas tous seuls, ce sont des faibles méprisables et que de toute façon, cela le rendra plus fort). Il finit par croire qu’il a réellement mérité d’être agressé et que si on ne lui tend pas la main, c’est parce que c’est lui le coupable dans l’histoire. Parfois, ce genre de situation peut aller jusqu’au suicide.

 

On est tous conditionnés dès la naissance. Ce qu’il faudrait, c’est briser ce conditionnement.

 

Et le point de vue de l’agresseur, me direz-vous ? Nous verrons cela une prochaine fois…

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 08:58

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Un petit article en anglais (pour une fois). La version longue (en français) se trouve ici.

 

I’m sorry if I’m making spelling or grammar mistakes: English is not my mother language.

 

The story of Noélanie Sené is a very sad one. Little Noélanie has become a symbol of the fight against bullying and school violence in France. However, little is known about her abroad. Here’s her story, adapted from her mom’s website.

 

Everything begins in January 2000, when Pascal and Christine Sené adopt a little 13-month-old Polynesian girl, Noélanie. They raise her, along with their other children, in Cabestany, a town in the south of France. Noélanie is described by her mom as “a wonderful, generous child who couldn’t stand misery or injustice, was highly intelligent and used to dream of making the world a better place”.

 

The problems begin in 2006, when Noélanie complains of being bullied in primary school. A very trustworthy child psychiatrist is called, says Noélanie is perfectly sane and has excellent relationships with her parents, and calls the court justice and the inspector of schools to denunciate the school director’s passiveness. Nothing much is done and the little girl has to attend another school.

 

Noélanie gets bullied again by five cruel kids in that school. One of them, S., is considered particularly vicious and dangerous by practically everyone (except the adults in charge). The mother of another kid denunciates but the director refuses to do much and even punishes Noélanie for having remained silent. The poor child is so shocked that she won’t speak up again.

 

The bashing carries on. Noélanie actually writes to her teacher to complain, and the teacher doesn’t react. She is also accused of being crazy by adults, just because she sees a child psychiatrist.

 

Her parents try to help her as much as they can. They contact associations. Unfortunately, school bullying is still quite an unknown concept in France, pays des droits de l’homme (this is irony), and nobody knows much about it. Noélanie also has to go to kung fu lessons.

 

In October 2007, Noélanie actually writes to the police and gives a copy of the letter to the employee who watches the playground during the breaks. Here’s a translation of the letter:

 

‘I trust you to keep this very important secret.

 

There has been a serious problem at school about S. strangled me several times in the rank of the second playground. I know that if I don’t stand up for myself I’ll die in the end forever. I hope this is not for now. S. already strangled me several times and once in front of A. and I can’t find a solution to help myself and to stop suffering. Anyway it doesn’t change as he’s going to kill me. I make even more than a big lot of nightmares and I manage to fall asleep when I just close my eyes but I don’t sleep because of all of these (because he strangled me and I fainted) and he kicked me to wake me up and this is for real. Also I can’t eat in the school restaurant. I’m afraid of him. Could you protect me in the playground? YES or NO. Do you have a solution? YES or NO. Circle the answer. He also told me that if I left my home he would kill me and if this carries on, he may come to my home, he knows where I live. I wanted to tell the teacher, she really doesn’t care, she says “go and play, we’ll see later.” When is later? It's never. He also tells me “filthy black girl and fxxx you” (etc…)

 

I hope it will get better. I hope you’re going to protect me. Don’t tell anybody otherwise it’s not a secret anymore and it will be worse for me.

 

Noélanie Sené

 

(drawing of a crying heart) please’

 

 

The school doesn’t react and neither does the police.

 

The letters are only heard of on the 7th of November. The parents sue the director as he failed to render assistance to a person in danger, all the more so since they have medical proof that their child has been attacked as well as a written confession from S.. However, the police are reluctant to act as they think Noélanie must be mentally disturbed.

 

On the 16th of November, Noélanie slowly comes back from school with a painful head and neck. The headaches get worse and worse. Her parents are worried and the day after, she gets an epilepsy attack. Pascal and Christine call the emergency medical service immediately. Unfortunately, it gets worse and worse and the little girl dies from a cerebral oedema in the hospital shortly afterwards. She was only eight.

 

 

I’m not related to Noélanie myself and I’ve never met her. But do you think it’s normal when a child kills another child and walks away unharmed? Where’s the justice when bullies are protected while their targets aren’t? In what kind of world are we living?

 

At least Noélanie will never be forgotten. After her death, her parents found little notes in her bedroom saying how much she loved them and how grateful she was to them having adopted her. On her grave in Cabestany, you can read this quote by Berthold Brecht: “the one who doesn’t know is ignorant, but the one who knows and doesn’t do anything is criminal.” I wish such tragedies would never happen again.

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Published by Iron Calimero - dans Divers le mémorial
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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 13:30

Quand on fréquente les forums et les réseaux sociaux sur Internet, il y a des choses qu'il vaut mieux savoir, afin d'éviter les ennuis.

 

- Ne jamais exposer ses coordonnées (adresse, numéro de téléphone, adresse email) sur sa page perso, sur un forum public ou à tout endroit ou tout le monde pourrait y avoir accès.

 

- Eviter les mots de passe trop évidents comme 123456, sésame ou m0tdepasse, ou encore le prénom de votre amoureux/se. Préférez les combinaisons de chiffres et de lettres plus difficiles à deviner.

 

- Si on veut donner son email ou son numéro de téléphone à un inconnu sur le net, mieux vaut attendre longtemps pour faire connaissance, bien s'assurer qu'il s'agit d'une personne de confiance et faire ça par message privé. Dans le doute, mieux vaut demander conseil à un adulte de confiance.

 

- Ne jamais donner ses coordonnées bancaires à un inconnu, et ne jamais lui transmettre d'argent de quelque manière que ce soit.

 

- Ne pas annoncer publiquement qu'on part en vacances (ce serait donner le feu vert aux cambrioleurs!)

 

- Toujours rester poli, même avec quelqu'un dont on ne partage pas l'avis. L'agressivité entraîne l'agressivité.

 

- Ne pas mettre en ligne une vidéo qui ne vous appartient pas (et cela vaut pour les vidéos téléchargées) ou mettant en scène quelqu'un qu'on a filmé sans son consentement.

 

- Ne jamais ouvrir une pièce jointe provenant d'un email envoyé par un inconnu.

 

- Se méfier des emails d'inconnus, en particulier de ceux qui vous annoncent que vous avez gagné à la loterie ou qui vous proposent de partager un héritage. Dans le doute, consulter un site de recensement des hoax et/ou un site de type croque-escroc.

 

- En cas de problème, bloquer l'expéditeur ou signaler le troll aux modérateurs (selon les cas). Se rappeler qu'on peut porter plainte pour diffamation.

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Published by Iron Calimero - dans le cyber-harcèlement
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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 11:24

de la part d'une maman qui en a gros sur le coeur.

 

 

Christine, si vous lisez cette page, sachez qu'on est tous avec vous.

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