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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 17:17

 

Louis (prénom choisi au hasard) se rend à son travail. Sur le quai du métro, il voit un homme qui harcèle une adolescente. Louis est choqué. Il pense très fort que quelqu’un devrait intervenir.

 

Il y a de plus en plus de gens qui s’arrêtent pour regarder l’agression. Louis pense sincèrement qu’avec tous ces gens autour, quelqu’un va intervenir. D’ailleurs, Louis a décidé que dès que quelqu’un aura fait le premier pas, il va s’avancer et dire qu’il est d’accord, que c’est une honte, que l’agresseur est un pignouf et un lâche, qu’on n’a pas idée d’agresser comme ça une innocente.

 

Finalement, une dame âgée intervient et dit à l’homme d’arrêter. L’homme engueule copieusement la jeune fille ET la dame âgée et il n’y a toujours personne qui réagit. Le métro arrive et Louis monte. Il a un peu honte. Il sait qu’il aurait dû intervenir mais en même temps, il n’est pas si coupable que ça, si ? Quelqu’un d’autre aurait dû faire quelque chose !

 

Ce que Louis ne sait pas, c’est que tout le monde autour de lui a eu les mêmes pensées. Tout le monde s’est dit : « allez, quelqu’un d’autre va intervenir, on est tellement nombreux qu’il y a forcément quelqu’un qui va faire le premier pas ». C’est pour cela que paradoxalement, plus les spectateurs d’une agression sont nombreux et moins ils interviennent alors que si TOUT LE MONDE intervenait, l’agression prendrait fin. Et ça n’arrive pas que dans le métro, mais aussi dans la rue, au travail ou à l’école.

 

Il n’y a pas de moyen parfait pour mettre fin à l’effet spectateur mais voici des pistes :

 

- Si c’est vous qui êtes agressé.e, regardez l’un.e des témoins dans les yeux et adressez-vous à ellui. Dites, par exemple : « vous, le grand avec le tee-shirt vert, aidez-moi ! » Il y a plus de chances pour qu’on vous aide.

 

- Si vous assistez à l’agression, vous pouvez par exemple faire semblant de connaître la personne agressée et l’emmener en lieu sûr. Par exemple, vous pouvez cligner de l’œil et dire : « Sophie ! T’étais où ? On t’a cherchée partout avec la bande ! Viens, on va être en retard ! »

 

- Si vous êtes plusieurs, vous pouvez confronter les autres témoins, par exemple en disant : « vous trouvez ça normal, ce qu’il fait ? » Cela peut détourner l’attention de l’agresseur, gagner du temps et peut-être même stopper l’agression.

 

Si vous préférez les conseils sous forme de bande dessinée, voici une page formidable.

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